Pour moi, le golf, c’était d’abord le mini, celui qu’on a tous fréquenté pendant les vacances d’été pendant notre enfance. C’était aussi la tenue de Tintin (tiens, d’ailleurs, pourquoi cette tenue ridicule pour un simple reporter?), et Tiger Wood parfois mentionné quelques secondes aux infos après avoir réussi un coup de maître.

Mais finalement, c’est quoi le golf? Je l’ai testé pour vous!

Je suis arrivée à mon premier cours de golf un beau matin, après l’avoir réservé au téléphone en précisant bien que je débutais, avec mes baskets usées et mon jean au club house du parcours le plus proche de chez moi. Bonjour! Où dois-je rejoindre le prof pour le cours? Au “practice”? Mais c’est quoi ça?

Après quelques explications scrupuleusement suivies, j’arrivai près d’un long terrain couvert de petites balles blanches, avec une vingtaine de tapis verts alignés, sur lesquels quelques joueurs habitués s’entraînaient à envoyer des balles au loin. J’admirai leurs mouvements fluides et la trajectoire des balles pendant quelques instants, avant de voir un homme qui ressemblerait bien à un prof de golf, avec polo de marque, pantalon en velour côtelé et chaussures bizarres. Nouveau “bonjour, je viens pour le cours!” Et me voilà à prendre le long sac qu’il me tendait, puis à choisir un tapis libre et à attendre bêtement qu’on me donne des consignes.

Je n’étais pas la seule à vouloir débuter. D’autres nouveaux arrivants avaient l’air aussi perdus que moi! Certains d’entre eux avaient déjà voulu se donner un style, avec la casquette et le pantalon remonté aux chevilles, mais leur gaucherie quand il a fallu sortir les clubs du sac m’a rassurée! Dans le long sac, six clubs de golf formant une “demie série”. Trois formes différentes parmi les clubs : il y a les fers, pour envoyer la balle à une distance raisonnable, avec trajectoire parabolique ; les bois, pour envoyer la balle loin, sur une trajectoire plus plate ; et le putter, que chacun connaît pour l’avoir déjà tenu en main sur un mini-golf.

J’essayai de mémoriser tout cela, alors qu’à côté de moi, un habitué continuait à frapper ses balles à la perfection, et attirait nos regards impressionnés! Ca avait l’air si facile! Pourquoi je n’y arriverais pas? Le prof nous a tendu un seau en plastique rempli de balles, et nous a montré comment procéder pour frapper une balle avec un fer : mouvement fluide, on prend la balle en descendant, on ne cherche pas à forcer mais juste à taper la balle. Une fois face à ma balle, avec confiance, je lève mon fer, je frappe, je perds l’équilibre, je cherche du regard où ma balle avait pu partir…? bon, très moyenne la première frappe, ma balle est toujours sur son support!! j’ai tapé à côté…!!

Nouvelle tentative : je me positionne, je laisse aller le club, et cette fois-ci la balle a bien bougé, mais en vertical uniquement… Arghhh! J’avais tapé sous la balle, sur le tee en caoutchouc qui la maintenait en hauteur!

Finalement le golf n’est pas si facile que ça, je commence à le comprendre! Il m’a fallu presque une heure pour donner à ma balle une belle trajectoire! Les cours qui ont suivi ont été du même acabit, à lutter contre moi-même pour avoir une bonne coordination entre ce que ma tête voulait faire en théorie, et ce que mon corps faisait en pratique… j’avais l’impression de faire tout le contraire de ce qu’on me demandait! Dieu, que c’était dur!!!

Le plus fantastique a été le jour où nous avons été autorisés à aller sur le parcours pour appliquer en grandeur nature ce que nous savions faire (à peu près…). Excitation, hâte, comme le jour où nous avions enfin pu nous jeter dans le grand bain à la piscine, sans les petits flotteurs à la ceinture! L’herbe sous nos pieds, le drapeau en vue à une centaine de mètres, la balle entre les deux pieds, concentration pour faire un beau tir, et c’est parti!

Ou pas… car le passage du tapis lisse au sol inégal a été, disons, très périlleux… j’ai réussi à envoyer ma balle à quelques mètres, mais elle a été accompagnée d’une grosse touffe d’herbe et de terre… oups… pardon, pardon, je la remets en place, ni vu ni connu, et je recommence… mais rebelotte!!

Je me suis demandé si le golf était fait pour moi, mais finalement je m’amuse tellement, et je profite tellement de la nature et du calme qui m’entoure sur le parcours, que j’ai décidé de continuer! Bien sûr, j’essaie de garder mon regard neuf quand j’y vais, et je m’amuse toujours autant de voir ces hommes à la retraite, avec tout leur attirail à trois millions de dollars, et je me demande parfois ce que je fais au milieu de ces bourgeois : les polos de marque, les pantalons de velours, les chaussures en cuir blanc à crampons souples, le chariot électrique, et même les caddies électriques emmenant sans effort les plus paresseux tout le long des dix-huit trous! Sans oublier le parking et les voitures de riches-médecins-à-la-retraite, décapotables ou sportives aux vitres teintées… Je n’en suis pas encore à arriver avec ma propre décapotable, mais… zut, je me vois de l’extérieur… polo de marque… casquette de marque… chaussures en cuir blanc avec crampons… aaaahhhhhh!! Et donc, j’ai bien testé le golf…