Jean-Marie Le Clézio a abordé l’histoire amoureuse et artistique de deux mexicains, Frida Kahlo et Diego Rivera, l’une influençant sans cesse l’autre dans cette relation peu banale. L‘auteur choisit, sous le titre simpleDiego et Frida, de présenter les deux personnages à travers deux regards, celui de l’artiste pictural, et celui du romantique.

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Diego s’est fait connaître tout d’abord au Mexique à travers ses peintures murales, représentant des scènes urbaines ou des portraits. Il voyage beaucoup dans le monde, va vivre à Paris, puis revient au Mexique après avoir vécu quelques désillusions. Un voyage en URSS et une rencontre avec Staline puis Trotsky l’influencent beaucoup et il oriente sa peinture vers l’art populaire, tout en adhérant au Parti Communiste mexicain, peu après la révolution populaire des années 1920 qu’a connu le pays.

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C’est certainement cette envie de défendre les droits du peuple mexicain qui a poussé Frida Kahlo et Diego Rivera à se rapprocher.

Depuis quelques années, Frida éprouvait une admiration sans borne pour Diego et son travail, ce qui l’avait d’ailleurs poussée à devenir peintre elle aussi. Elle ressentait ce besoin de défendre ses racines mexicaines et sa part d’indianité, et elle a trouvé en Diego un compagnon idéal aux côtés duquel elle pouvait se battre. Le caractère fort de Frida a plu à Diego, elle qui ne se laissait pas marcher sur les pieds, malgré son fort handicap depuis un terrible accident de bus à ses 18 ans.

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Des années durant, Frida est restée à côté de Diego, devenu son mari, mais toujours un peu en retrait. Elle paraît perdre de sa fougue petit à petit. Diego passe beaucoup de temps sur ses fresques murales, tantôt à Mexico, tantôt aux Etats-Unis, chose importante car sa célébrité lui a permis de traverser les frontières malgré son soutien non dissimulé au communisme. Frida, quant à elle, loin d’agrandir ses horizons, se focalise sur des peintures la représentant au centre, accompagnée de symboles rappelant fortement sa vie personnelle et intime. Incapable d’avoir un enfant depuis son accident, elle tente de représenter sa douleur afin de pouvoir s’en débarrasser. Elle subit de plus en plus son corps qui l’enferme dans une prison charnelle. De plus, elle supporte difficilement l’éloignement de son Mexique natal, alors que Diego l’entraîne de San Francisco à Detroit, en passant par New York, dans le cadre de commandes de fresques passées par de riches américains comme John Ford ou le célèbre Nelson Rockefeller.

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Après une dispute avec ce dernier, Diego décide de retourner vivre à Mexico, et se concentre désormais sur la représentation du vieux peuple indien ainsi que sur sa mythologie. Frida, lassée de cette vie dans laquelle elle ne s’épanouit plus, et dévastée par le nombre sans cesse croissant de maîtresses que Diego fréquente en le cachant à peine, quitte le foyer pendant quelques années. Les deux peintres se rendent alors comptent à quel point ils ont besoin l’un de l’autre, et ils s’installent ensemble à nouveau.

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Ce qu’il faut retenir de cette relation, et ce que Le Clezio met en avant, c’est cet amour et cette admiration réciproque entre Diego et Frida, qui, finalement, n’ont jamais cessé, et qui ont su être mis en avant dans bon nombre de leurs peintures. La souffrance de Frida paraît aussi être omniprésente, elle dont le corps est extrêmement abîmé, mais dont la souffrance est intériorisée.

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Si vous souhaitez mieux comprendre cette relation hors du commun, n’hésitez pas à ouvrir l’ouvrage de JMG Le Clezio. Il vous fera, par la même occasion, voyager dans le Mexique des années 1920 et 1930, ainsi que dans les peintures riches en couleurs évoluant au gré de leurs intérêts et de leurs sentiments.

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