Lorsque le jeune Pierre Andréitch atteint ses 18 ans, son père, ancien membre reconnu de l’armée russe, décide de l’envoyer s’endurcir au front sans chercher à bénéficier du réseau influent qu’il aurait pourtant à disposition. Insouciant, il prend la route avec son serviteur qui a bien du mal à canaliser les excès de jeunesse et la toute nouvelle liberté de son maître.

Pris en plein cœur d’une tempête de neige, Pierre demande son aide à un homme aux allures de brigand passant par là, qui le conduit à une auberge non loin de là. Le lendemain, après l’avoir remercié comme il se doit, Pierre reprend la route et il prend son poste dans un fort éloigné de tout.

La révolte gronde dans la campagne russe, et il va falloir se préparer au combat, mais Pierre tombe petit à petit amoureux de la fille du capitaine…

Le règne de Catherine II

Sous une politique de réformes importantes suivant quelque peu le développement des Lumières en Europe, de nombreux soulèvements et révoltes ont lieu dans les campagnes russes. Le siège de la ville d’Orenbourg marque le point de référence historique du récit (1774), et le personnage réel meneur des rebelles, Pougatchov, est dépeint comme quelqu’un plus mystérieux que sanguinaire.

L’évolution personnelle

Entre faiblesses de jeunesse (alcool, jeux d’argent) et lyrisme du jeune homme amoureux, le récit, suivant la focalisation interne au protagoniste, prend de la maturité. Cependant, Pierre ne parvient pas vraiment à laisser de côté sa naïveté en grandissant. De même, prendre position dans un camp où dans l’autre devient parfois flou, montrant son indécision politique toute relative.

L’identité russe

Ce roman s’inscrit parfaitement dans le genre romanesque russe du XIXème siècle, ne laissant pas de place à l’ennui, et délaissant malgré tout les digressions régulières de ce genre. La difficulté de lecture qui pourra se présenter sera liée au jonglage entre les noms des personnages et leurs surnoms, parlant peu à un public non averti, mais cela n’entravera pas la compréhension.

De même, quelques mots russes ponctueront le texte, la plupart du temps renvoyant aux différents moyens de locomotion ou à la classe sociale des personnages.