Adrian Mole, si vous n’avez jamais eu la chance de le croiser, est un des héros de la littérature britannique, peut-être aussi célèbre pour les quarantenaires que Harry Potter l’est pour les ados aujourd’hui. Depuis les années 80, Sue Townsend a su permettre à Adrian de se dévoiler à travers ses journaux intimes avec beaucoup d’humour mais aussi de tendresse.

Ce jeune garçon, préoccupé par les problèmes de son temps et sa puberté chaotique, n’est pourtant pas comme les autres. Son côté psychorigide fait sourire, et ses divers échecs montrent sa maladresse et son décalage. Sa très haute perception de lui-même, surtout quand il s’agit des poèmes qu’il écrit et souhaite publier, ne parvient même pas à nous le rendre antipathique tant cela relève de la comédie.

Au fil des livres on le voit grandir et devenir un homme. Peut-il atteindre les buts qu’il s’est fixés ? Va-t-il vivre la grande histoire d’amour qu’il espère avec Pandora, qu’il vénère depuis son adolescence ? De même, voir l’évolution de sa personnalité au fil des années sera des plus intéressant pour comprendre quel adulte il fera. Son personnage apparaît dans 11 publications, romancées ou théâtralisées, entre 1981 et 2011, ainsi que dans trois saisons d’une série télévisée toujours disponible sur Youtube, ce qui laisse au lecteur tout loisir de mieux connaître le garçon le plus drôle (à son insu) de Grande-Bretagne.

Un regard sur l’actualité

Malgré ses petits problèmes, Adrian ne manque jamais de commenter l’actualité de son pays comme la crise opposant la Grande-Bretagne à l’Argentine à la politique de Margaret Thatcher dans les années 80, ou la montée du New Labour et le décès de Lady Di en 1997.

La question sociale

Loin d’être une publication légère et humoristique, la série des Adrian Mole se penche sur le rôle de la famille et le développement personnel : chômage, addictions, enfants illégitimes et bien d’autres thèmes sont abordées et décrivent les dérives de la société de la fin du XXème siècle.