Quinze ans après avoir luLa peau de chagrinau lycée, j’ai eu envie d’y revenir, avec tout l’éclairage que les études m’ont donné. Je me demande encore comment j’ai pu comprendre à l’époque tout ce qui est en jeu dans ce roman. Que de richesses à découvrir au fil des pages! Il sera d’autant plus difficile de les énumérer ici, n’ayant pas la plume de Balzac!

Le récit se focalise sur Raphaël, jeune homme désespéré prêt à se jeter dans la Seine par amour, dans le Paris des années 1830, mais qui choisit, en attendant la nuit pour pouvoir mourir en paix, d’entrer chez un Antiquaire afin d’y apprécier toutes les choses que l’homme a su faire depuis des siècles. Le vieil antiquaire lui donne une peau tannée, appelée peau de chagrin (double sens entre la tristesse ressentie par le personnage, et le cuir du même nom) sur laquelle une inscription en arabe promet de tout offrir à son propriétaire.

Raphaël n’a pas l’air de croire en son pouvoir et demande en se moquant un grand banquet… chose qui va lui être proposée quelques instants plus tard quand ses amis l’y emmèneront! La peau a donc un vrai pouvoir, mais il est au détriment de son possesseur, car plus il formule de vœux, plus la peau rétrécit ! Ceci symbolise le début du changement de notre personnage, et sa descente aux enfers. Il va se renfermer dans une vie sans souhaits, loin de toute tentation, afin d’éviter que la peau ne réduise et ne le mène à la mort.

Le lecteur averti saura apprécier au fil des pages les références politiques du moment, alors que la France subit un régime instable entre Empire et République, ainsi que les références musicales (l’opéra) ou littéraires (de l’Antiquité jusqu’à la période d’écriture). De même, différents courants de pensée ou artistiques sont exploités au travers des personnages ou des descriptions, tels que le romantisme, le gothique et le fantastique, ce qui permet à l’auteur de glisser quelques critiques sur la société à ce moment-là tout en gardant une distance raisonnable afin d’éviter toute censure.

Publicités