J’ai l’impression d’être tombée sur la perle rare en découvrant mon premier livre d’Amélie Nothomb, avec un récit à la première personne dévoilant ce jeune homme que ses parents ont appelé Epiphane, et qui est l’homme le plus laid du monde. Dès tout petit, il s’est rendu compte de sa particularité physique, attirant les regards et un sentiment de dégoût par la même occasion. Mais il n’a pas l’air déprimé pour autant, et il décide un jour de s’inscrire dans une agence de mannequins, afin de faire valoir la beauté des jeunes femmes qu’il côtoie.

Malgré une absence totale d’attirance pour le sexe féminin, Epiphane est amoureux. Il l’assume, il aime la plus belle femme du monde, comme Quasimodo aimait Esmeralda, alors que son rôle d’homme laid aurait du le pousser vers une femme laide, dans une certaine logique.

Epiphane porte un regard acéré sur ce qui l’entoure, et on peut dire qu’il fait partie de la lignée des personnages décalés comme Docteur House ou le Mentaliste, avec ses réflexions, piquantes et surprenantes, qui donnent à ce récit toute son originalité et beaucoup d’humour, en plus de l’originalité du point de vue sur le beau et le laid. Son intelligence hors norme en fait quelqu’un de différent, et l’auteur parvient à nous faire entrer dans la tête de son personnage pour mieux le comprendre, mais en nous rappelant à notre réalité par petites touches quasi invisibles. Cependant, un vocabulaire inconnu par mon cerveau est régulièrement utilisé pour montrer l’intelligence particulière de notre personnage, mais il peut parfois être gênant pour nous, communs des mortels.

Mais bien sûr, on s’attache au protagoniste et on se demande comment il va traverser sa vie en assumant sa laideur, et aussi s’il va vivre une histoire d’amour réciproque avec Ethel. Néanmoins le réel enjeu de ce livre est plutôt tourné vers l’esthétisme. Quelle est la définition du Beau, et son inverse ? Et comment peut-on sortir de nos préjugés face à ce qu’on nous impose comme étant beau ou laid ? Une fin surprenante et la question du choix du titre garderont le lecteur en haleine jusqu’au bout, et même au delà du point final en le poussant à une réflexion personnelle sur le monde qui nous entoure. A lire !

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