Dans ce monde les super-héros font encore rêver des humains désespérément enfermés dans une vie monotone, Marco Mancassola choisit de faire tomber le masque dansLa vie sexuelle des super-héroset d’en présenter certains en ce début de vingt-et-unième siècle, à la retraite ou reconvertis dans le monde du divertissement.

Les grands héros des comics des années 60, 70 et 80 ont pour la plupart pris de la distance quant à leur mission de sauver le monde, et vivent paisiblement à New York. Leurs corps ont vieilli, leurs pouvoirs deviennent douloureux à utiliser ; de nombreux jeunes ont à présent des pouvoirs mais ne les utilisent pas à bon escient, et l’âge d’or des super-héros est révolu, même s’ils restent connus et respectés par la population.

Le livre est partagé en cinq parties, se focalisant chacune sur un super-héro : Mister Fantastic (l’homme caoutchouc), Batman, Mystique et Superman sont tour à tour présentés dans leur présent, et le rythme de la narration est parfois interrompu par des flash back mettant en avant la partie de leur vie que nous ne connaissons pas, celle de la fin de leur carrière de super-héro à proprement parler.

Comme l’indique le titre, on dépasse la vision grand public de ces personnages et on découvre leurs secrets les plus cachés, ceux liés à leurs relations intimes et amoureuses. Cette approche, liée à la focalisation interne de chaque héro, permet ainsi de comprendre les limites de chacun avec son corps vieillissant : Red Richards et les douleurs de son corps en caoutchouc qui l’empêchent de se déformer comme avant, Bruce Wayne si narcissique qu’il en est pathétique, ou Mystique et ses plaisirs solitaires…

Vous qui êtes curieux de dépasser les apparences, vous ne pourrez plus voir les super-héros de la même manière après avoir luLa vie sexuelle des super-héros. On est loin d’un récit drôle et léger car l’auteur a plutôt choisi de mettre en avant la chute des idoles, et montre des fins de vie aussi douloureuses, voire parfois plus, que pour des êtres humains sans pouvoir. C’est un roman allant donc à l’encontre du but premier de la création des super-héros, car on ne crée pas de rêve dans ces pages… on le détruit plutôt, comme pour se rassurer qu’il n’y a pas d’inégalités entre les hommes, et que chacun doit porter sa croix.

Pour terminer sur une note d’humour, malgré, je vous propose une petite galerie d’images glannées sur le net, montrant comment seront nos super-héros de comics ou de jeux vidéos au 4ème âge!

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