Au détour d’une place dans le petit village de Besse (Puy-de-Dôme), il y avait un très vieux monsieur assis à sa table de camping. De sa valise il avait sorti des livres qu’il avait minutieusement ordonnés, et il attendait qu’on veuille bien les lui acheter. En discutant avec lui, on s’est trouvé des points communs comme celui de l’enseignement, et en achetant ce roman, il s’est excusé d’avance de la maladresse avec laquelle il avait pu l’écrire…

L’instituteur qu’il a été dans son jeune temps a du influencer son récit, car on sent le vécu dans ce roman du « terroir » auvergnat. Dans l’entre-deux guerres, le jeune homme fraîchement sorti de l’École Normale a choisi de revenir enseigner dans la toute petite école même où il avait appris à lire. Il raconte donc la manière dont il a pris son poste, son enthousiasme, ses idéaux, ses peurs aussi. Ceux qui ont connu les classes uniques, où l’instituteur menait de front l’enseignement des petits comme de ceux qui se préparaient au Certificat, revivront probablement de nombreux souvenirs et tomberont peut-être dans la nostalgie de ces enseignants qui, sans élever la voix, mettaient les élèves au pas.

Il a au fil des années réussi à se faire accepter dans sa commune plus seulement comme le fils de, mais l’Instituteur avec une majuscule. Son mariage puis l’arrivée de ses enfants et enfin l’achat d’une maison où il a fallu tout rénover lui donneront plus encore un statut d’homme respecté, palpable à travers les services variés que les villageois lui donneront afin de l’aider dans les moments parfois difficiles.

L’appel à la guerre reste un temps fort de ce récit car il fait sortir notre personnage des limites confortables qu’il s’était bâties, et on le découvre enclin au doute. Là où l’homme nous paraissait parfait, mesuré dans ses propos, passionné par son travail, on comprend qu’il a ses failles comme tout un chacun.

Le style est, comme Philippe Roucarie l’avait avoué, parfois maladroit, car de nombreuses virgules manquent là où elles donneraient du sens, et quelques fautes de frappe sont disséminées ici et là. Très peu de passages sont au discours directs. On décrit l’homme avec des phrases simples à la 3ème personne du singulier comme s’il était sujet d’étude, le tout dans des paragraphes courts, et la mise en page est aérée, ce qui en fait un récit plutôt facile à lire. Les amoureux de l’ancien temps y trouveront leur bonheur.

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