Ils sont marrants! Ils ont assez l’air d’orangs-outans, avec leurs grosses poitrines sonores, leurs genoux pliés et leur façon de marcher sur le bord extérieur du pied, comme les bébés. Pas plus de cou ni de front qu’un babouin, et pourtant pas bêtes pour un sou, ma doué, non! Ils ont le crâne, à ce qu’on dirait, tout boursouflé par la cervelle, par-dessus les oreilles. Et ils vous taillent de ces silex! A mettre en vitrine, mon vieux!

Voilà comment les premiers hommes descendus de leur branche, dans le sud de l’Afrique, racontent leur rencontre avec nos ancêtres européens, les Néandertaliens... et voilà comment l’auteur, Roy Lewis, a choisi de nous présenter l’évolution des premiers hommes, avec ce langage à la fois décalé et très proche du nôtre, bourré d’anachronismes, de références culturelles et religieuses, rebrassant les stéréotypes que nous connaissons aujourd’hui!!

Ah, si la science nous était toujours présentée ainsi, on en saurait des choses! Grâce aux aventures d’Ernest et de sa famille, on devient incollable sur nos ancêtres, mais aussi sur le début de la vie en société, l’utilisation du feu, et même les premiers courants politiques… communisme, traditionalisme, révolutions, finalement l’homme moderne n’a pas inventé tant de choses! De même, les controverses liées au progrès technique, à la condition des femmes ou à la naissance de l’art permettent au lecteur d’aujourd’hui de se questionner sur sa propre vie, tout en gardant le sourire en constatant le décalage entre ces hommes très primaires et des réflexions si contemporaines… Avec ce roman publié en 1960, on comprendra que le temps n’a pas de prise sur l’homme… à bien des niveaux apparemment! 😉

Peu de choses à ajouter pour ne pas trop en dévoiler, alors que des millions d’anecdotes rencontrées dans ces pages me viennent en tête, ainsi que de nombreux mots de plus de trois syllabes que mon cerveau de blonde du XXIème siècle n’a pas su identifier sans un bon dictionnaire! Mais c‘est, comme on vient de me le souffler, un livre unique, totalement différent de ce qu’on peut rencontrer ailleurs…

Indescriptible, et donc vital. 🙂