Quand j’ai découvert Maya Angelou, c’était à la fac : mentionnée comme militante pour l’égalité des droits entre blancs et noirs aux Etats-Unis, elle s’est battue pour que sa « race » (je la cite) ne soit plus exploitée. Il y a quelques années, elle s’était même affichée aux côtés de Barack Obama après son élection à la Maison Blanche, symbole même de la victoire du combat noir avec ce premier président noir élu à la tête du pays !

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Cette femme, je pense, a beaucoup à nous apprendre, et ce même si la mort l’a déjà emportée. Son autobiographie nous révèle une personnalité haute en couleur dans le début des années 1960 : son arrivée à New York avec Guy, son fils adolescent lui permet de faire doucement sa place dans le monde des intellectuels de couleur. Harlem en est la capitale, et le combat des droits civiques bat son plein. Maya commence bientôt à travailler pour la SCLC (Southern Christian Leadership Conference) et ses rencontres avec Martin Luther King la marqueront à jamais. Ses actions militantes lui permettent de croiser la route de bon nombre de personnalités du mouvement comme Malcolm X ou le militant sud africain aux côtés de Nelson Mandela, Vusumzi Maké, dont elle deviendra « l’épouse » et qu’elle suivra jusqu’en Egypte. Les personnalités artistiques comme Billy Holiday, James Baldwin ou Abbey Lincoln ont aussi fait partie de son entourage.

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Depuis toujours Maya Angelou s’est refusée à n’avoir qu’une corde à son arc : elle fut longtemps chanteuse et strip-teaseuse, puis elle s’essaya plus sérieusement à l’écriture une fois arrivée à New York. Devenue organisatrice d’événements pour la SCLC, elle n’a pas hésité à remonter sur les planches pour militer comme comédienne, et elle est aussi devenue rédactrice en chef dans des journaux lors de son séjour en Afrique. La poétesse a aussi marqué ma jeunesse, lorsque j’ai entendu pour la première fois le poème « Still I rise », qu’elle récite avec tellement de foi et de force intérieure qu’elle laisse son auditoire presque bouche bée, hypnotisé. Je crois d’ailleurs qu’en l’ayant fait étudier à mes lycéens par le passé, certains ont eu la même réaction…

Pour nous européens et français, Maya Angelou n’est pas aussi connue que Martin Luther King, mais elle est pourtant une héroïne américaine. Elle a contribué à bâtir une société qui se veut plus égalitaire, mais on l’a compris dans l’actualité récente, un rien pourrait renverser la tendance. Il tient à chacun d’entre nous de rappeler que le combat pour l’égalité entre chaque être humain est à maintenir, dans chaque pays. En exemple frappant lors de ces derniers jours, l’actrice Emma Watson (Hermione Granger dans la saga Harry Potter) a laissé des exemplaires des livres de Maya Angelou dans le métro afin de continuer le combat et éviter la montée du racisme après l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis !

Hiérarchiser l’humain par son sexe, sa couleur de peau, sa religion, sa préférence sexuelle ou ses choix de vie quels qu’ils soient n’est en aucun cas le reflet d’une vie juste. Maya Angelou et de nombreux autres auteurs issus des minorités ne peuvent qu’en témoigner. Nous avons le devoir de continuer leur lutte, d’écrire, de partager… et d’aimer notre prochain.

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