Etre enseignant et tenter de tirer les élèves vers le haut, ce n’est déjà pas évident. Et quand il s’agit de trouver des solutions pour faire progresser le « cancre » tel qu’il est nommé par Daniel Pennac, ou bien ne serait-ce qu’éveiller chez lui un soupçon d’intérêt pour le sujet enseigné, cela donne une matière à réfléchir aussi longue qu’un roman !

En tant qu’ancien cancre, Daniel Pennac a essayé de comprendre ce qui l’a motivé à s’accrocher dans son apprentissage et qui l’a finalement mené à devenir lui-même enseignant. Il en a vu défiler, des méthodes soi disant révolutionnaires, pour mener les élèves toujours plus loin. L’auteur-narrateur paraît avoir des solutions miracles qui ont marqué les élèves pendant des années, on a presque envie de lui dire merci pour eux, et pourtant son autre moi l’interrompt régulièrement pour lui rappeler tous ses échecs, comme une ombre rôdant autour de lui jusqu’au bout. Voilà qui peut empêcher un prof de crier victoire. Ces jeunes laissés sur le bas-côté, à qui on donne tout mais qui ne gardent pas grand-chose…

A qui la faute ? Le constat est parfois déprimant, mais régulièrement ponctué par l’humour ou la tendresse de l’auteur ; on le sent passionné par son ancien métier de professeur et l’envie de transmettre est toujours aussi présente, car élève et lecteur s’unissent à la lecture de ces pages.

La société de consommation

Voilà la grande coupable pour les générations qui défilent depuis les années 80 : en tant qu’enfant « client », le jeune consomme sans payer de sa personne ; les parents offrent au fur et à mesure des envies, et le goût de l’effort pour se construire soi-même est doucement oublié au profit du « je veux donc je suis ».

L’impuissance de l’éducation nationale

Face aux multiples décrocheurs, l’éducation nationale tente des approches qui se veulent plus adaptées mais on en oublie les incontournables pour former les cerveaux des futurs citoyens. Trouvera-t-on une solution ?

L’échec perçu de l’intérieur

Un professeur a, dans la plupart des cas, toujours connu la réussite puisqu’il est à présent de l’autre côté du bureau à distiller le savoir. Mais se met-il parfois dans la tête du cancre qui essaie de toutes ses forces à avancer, et qui ne parvient qu’à sauter d’un échec à l’autre ? Perte de la confiance en soi, désillusions, peur de l’avenir ou peur de l’autre… on approche à travers les pages la psychologie de l’apprentissage et ses rouages à propos de laquelle un enseignant n’a reçu que peu de formation.

A quoi s’attendre alors pour l’avenir ? Probablement continuer d’espérer que des vocations naissent pour guider les jeunes… mais croiser aussi les doigts pour les parents gardent ou reprennent leur rôle d’éducateur… et surtout, que chacun ne se laisse aller à baisser les bras.

Publicités