Que dire sur le roman Deadwood qui soit objectif et sans trop de points d’exclamations à la fin de chaque phrase ? Trop bien !!! Coup de cœur !! Un vrai dépaysement !! Mince, ça y est je m’emballe…

Les spécialistes du Far West et les familiers de la série Deadwood, basée sur le roman de Pete Dexter, connaissent déjà le contexte. Alors pour que les autres rattrapent leur retard, on place le récit lors de la ruée vers l’or en Amérique. Dans les années 1860-70, de l’or a été trouvé dans les Black Hills, massif montagneux du territoire Dakota, et la ville de Deadwood est très vite sortie de terre pour permettre l’installation des mineurs et de leurs familles ainsi que des services nécessaires à une vie « civilisée ». De nombreux convois arrivent chaque mois pour apporter l’indispensable, et parmi eux se trouvent le fameux Bill Hickok avec son compère Charley, ainsi que Al Swearingen et de nouvelles filles qui travailleront dans son bordel pour changer les idées aux mineurs éreintés après leur journée de travail.

Le rythme du récit est calé sur celui des bœufs et chevaux de la caravane, et le lecteur est transporté tranquillement dans ce Far West sauvage puis, au terme du voyage, il observe la ville de Deadwood via la focalisation de Charley. La ville grandit vite, les gens s’organisent, Chinatown développe son autonomie des blancs. Parfois des coups de feu éclatent dans la rue entre deux personnes voulant régler leurs comptes, et la loi des lointains États de l’Est est parfois difficile à faire appliquer par le sheriff. On rencontre au détour des rues des personnages hauts en couleurs comme Calamity Jane (déjà rencontrée sur ce blog à travers son autobiographie), qui fréquente les saloons, jure comme un homme mais soigne aussi les malades.

Deadwood n’est pas un grand récit d’aventure pour un de nos personnages en particulier. On assiste plutôt ici au développement de la ville sur un rythme assez calme et reposant. Pas de suspense haletant installé par l’auteur, mais quelques surprises qui accélèrent le rythme du récit et évitent les longueurs. On n’est pas proprement dit dans un Western car les cow-boys ne combattent pas les Indiens, mais on s’en rapproche et on en retrouve les codes. Sans oublier l’humour incroyable qu’a l’auteur dans ses descriptions et la psychologie de ses personnages. A lire IMPÉRATIVEMENT!

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