C’est un roman très dépaysant qui vous attend, car vous deviendrez un routard comme notre personnage principal, Richard, en Thaïlande. A peine 24h après son arrivée en ville, il décide de dormir dans un petit hôtel mal insonorisé où il croise un couple de français, ainsi qu’un homme avec qui il échange quelques mots au-dessus de la cloison de leurs chambres. Le lendemain matin, Richard découvre que l’homme s’est ouvert les veines, après lui avoir laissé une carte mystérieuse, sur laquelle une croix a été dessinée pour montrer la plage idyllique dont les routards entendent parler comme une légende.

Richard en parle à Étienne et Françoise, le couple français, et ils décident de trouver un moyen d’accéder à l’île en contournant les lois du pays interdisant la libre circulation des touristes. Une fois sur l’île, ils vont découvrir un jardin d’Éden dans lequel chacun vit selon des règles de logique commune et où la vie devient un long fleuve tranquille. Quoique… la vie n’est peut-être pas si rose que cela en a l’air. Acceptés à part entière dans le groupe déjà sur place, ils devront faire face à des difficultés qu’ils sont loin d’imaginer.

Entre paysages dignes du paradis et peurs à demi assumées que ce monde utopique s’effondre, le lecteur vit quasiment aux côtés du protagoniste, tant l’écriture rend palpable les expériences de Richard via ses sensations, rêves et trips psychologiques. Entre fantasmes de jeux vidéos et films de guerre, il tente de s’acclimater à un rythme de vie lié à la nature et aux besoins du groupe. Cependant, de grandes interrogations apparaissent au bout de quelques semaines : quelles sont les limites de l’acceptable afin de préserver le camp? Comment gère-t-on les blessures ou les morts loin de la civilisation ? Et pourquoi la guerre du Vietnam subsiste-t-elle dans l’inconscient de certains personnages ne l’ayant parfois même pas vécue, étant terminée depuis longtemps ?

C’est un très beau récit à lire ou à voir dans son adaptation de 2001 avec Leonardo Di Caprio, Virginie Ledoyen et Guillaume Canet. La force du questionnement n’est pas amoindrie par les quelques libertés prises quant au livre, et la bande son de Moby ou des All Saints mettent parfaitement les paysages et certaines scènes en valeurs.

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