A voir la première de couverture, on pourrait s’attendre à un énième livre pour filles vantant les mérites d’une vie sexuelle débridée avec, pour changer, un homme comme narrateur. Mais non, ce que nous lisons est bien un récit, un vrai, d’un journaliste anglais contant la prise de conscience de son homosexualité durant les années 60 / 70.

Il décrit avec humour ses premiers émois, rêvant non pas de flirter avec Emma Peel dans « Chapeau Melon et Bottes de Cuir », mais d’être elle, en se déguisant avec les collants de sa mère ! Une fois étudiant à Oxford, il a commencé à assumer son identité, puis il a posé ses valises en France où il a su vivre pleinement. Son métier de pigiste puis de journaliste pour différents médias lui a permis une ascension professionnelle trouvant un écho particulier dans sa vie sexuelle, attiré depuis toujours par le monde du sadomasochisme. Celui-ci devient divertissement pour le lecteur grâce au ton employé dans l’écriture, et on comprend mieux les motivations du dominateur ou du soumis, reléguant les tabous aux oubliettes.

Les chapitres sont assez courts, eux-mêmes découpés en paragraphes clairement définis, ce qui permet une lecture rapide ; entre eux se trouvent des passages dédiés à « Toi » que le lecteur découvre petit à petit, ce grand amour qui a marqué la vie d’Alex et qui n’est plus là. Ce contre-pied permet justement de sortir du stéréotype « homosexualité = perversion » en insistant sur la tendresse et l’amour qui ont lié Alex et son ami.

Loin d’être uniquement focalisé sur une vie sexuelle dissolue donc, ce récit est aussi une belle approche des différences culturelles entre la France et la Grande-Bretagne, tant au niveau de l’acceptation de l’homosexualité par la société que des curiosités des deux langues. Ponctué d’humour tout British, le style est fluide et le lecteur en perd la notion du temps ! Prévoyez-vous un week-end pour en profiter sans être frustré par la reprise du boulot !

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