Ça m’a pris comme ça, d’un seul coup… j’ai eu envie d’aller entendre des nombres tout l’après-midi ce dimanche, et qui sait, peut-être gagner la télé ou le frigo?

Me voilà donc prise en pleine foie d’empoigne, coincée entre deux pépés qui voulaient absolument avoir leur année de naissance sur leurs huit cartons, et une petite qui, elle, s’en moquait, tant qu’elle arriverait à mettre la main sur ses deux cartons. Quant à mon exigence d’avoir le 1 et le 90 sur la même carte, je n’ai pas pu la satisfaire autrement que sur deux cartes différentes (allez savoir pourquoi on a des lubies comme ça! ^^)

Me voilà à demander à madame la placeuse de m’asseoir à côté de gens sympathiques, histoire de passer une bonne après-midi. Elle m’indique deux vieilles dames, qui m’accueillent avec des madeleines faites maison, histoire de tenir les quelques heures de trifouillage de jetons. De l’autre côté, une quinquagénaire commence à me raconter sa vie, sa fille, sa belle-mère, etc, alors je faisais des “hum” à intervalles réguliers pour la contenter.

Puis voilà le grand moment où le tirage commence. D’un seul coup, le brouhaha cesse et chacun se concentre à placer ses jetons sur ses numéros… silence total… au bout d’un moment, ma voisine la quinqua commence à se balancer d’avant en arrière en répétant “18, 18, 18… 18” après avoir mis sa carte sous ses fesses pour attirer la chance, à un numéro de gagner le jambon! Mais qu’ont-ils donc, tous ces gens, à vouloir un jambon? C’est si bon que ça?? Finalement, c’est le 32 qui est sorti et ma voisine a fait la tête un moment, puis se consola en se disant qu’il y en avait encore deux à gagner…

C’est étonnant ce qu’on peut entendre comme bêtises à un loto : les gens oublient-ils les lois de la probabilité, quand ils s’exclament, “ah tiens, on est dans les 70, ben pourquoi il a pas dit mon numéro???” ou quand ils se plaignent que le “touilleur” ne “touille” pas assez? A chaque 80 énoncé dans le micro, on entend une vague de “coin-coin” s’élever de la salle! Quelle bande de canards… tout comme les “olééééé” du 90 (euh, là je comprends pas, il faudra m’expliquer) ou le 22 suivi du cœur “vlà les flics!”… bon, le jour où je vais me mettre à dire tout ça moi aussi, il faudra m’interner…

A chaque gagnant qui venait chercher son lot, mes voisines les mémés s’en donnaient à cœur joie, à critiquer les formes trop généreuses de M’ame Machin, la coupe de cheveux de M’ame Truc, ou à se demander “comment ce trumeau peut gagner alors que c’est pas la gentillesse qui l’étouffe?” Là j’avoue que j’en ai avalé de travers et que j’étais à la fois morte de rire et consternée… l’hôpital se moque facilement de la charité, dans cette campagne!

Mais l’après-midi est passée ainsi, dans la chaleur étouffante de tous ces corps en demande de cadeaux gagnés gratuitement, crise oblige (on oublie la mise de départ bien sûr, sinon ça ne vaut pas le coup!). Début de la partie à 14h30, une quarantaine de lots à gagner, dont certains pas mal du tout, et je commençais à désespérer d’avoir perdu 15 euros et quelques heures de ma vie, quand soudain, BINGO! Mon heure est venue et me voilà avec un joli bon d’achat de 50 euros en poche! Il m’aura fallu attendre 19h45 avant de gagner, mais finalement j’ai bien fait de sortir de chez moi, en ce dimanche après-midi qui aurait été plus qu’ennuyeux sans ces mémés hargneuses qui, elles, n’ont rien gagné pour cette fois. Allez Micheline, c’est pas grave, on se retrouve au loto de dimanche prochain?