Puisqu’on est encore en période de ski et de beau manteau neigeux dans les hauteurs, j’ai eu envie de comprendre dans toute sa dimension à quoi pouvait bien renvoyer cette identité de montagnard que les gens de là-bas chérissent. On est probablement peu à comprendre combien la nature peut être dure, contraignante, violente même avec l’homme au milieu de ces parois abruptes.

Les guides de haute montagne, eux, le savent bien et sont très attentifs au moindre changement dans leurs montagnes, en cette première moitié du XXème siècle. Mais un malheur peut parfois arriver, et c’est ainsi qu’un guide reconnu de Chamonix se fait foudroyer en emmenant un client insistant jusqu’à un sommet, malgré la menace du mauvais temps.

Les secours s’organisent immédiatement parmi les montagnards volontaires afin d’aller chercher le corps pour la famille, mais un accident a encore lieu dans ces hautes montagnes qui ne pardonnent aucun faux pas, et cela souligne le courage de chacun face au vide et au verglas.

La beauté des paysages est parfaitement retranscrite par les mots d’un narrateur technique et poétique à la fois, ce qui fait un texte très visuel. Les tournures ont un peu vieilli depuis les années 1940, mais le lecteur s’en accommode rapidement et se laisse porter par un récit tantôt haletant, tantôt romantique. Différentes saisons sont balayées, et on passe de l’escalade à la transhumance, ce qui expose les différentes habitudes de nos montagnards. De plus, la cohésion de groupe et l’amitié sont présentées avec simplicité mais on comprend leur importance lors des déplacements en haute montagne.

Ainsi, le premier de cordée est celui à qui on confie sa vie, c’est lui qui choisit le chemin à emprunter et qui retient la corde qui vous entoure quand vous glissez. Une bien grande responsabilité… Mais pourquoi donc vouloir risquer sa vie sur les pans des montagnes ? Une réflexion sur le sens que l’on peut donner à la vie arrive dans les dernières pages et apporte une amorce de réponse. Ainsi, le lecteur ne pourra s’empêcher de réfléchir sur lui-même et sa propre vision des choses, et ce, longuement après avoir fermé terminé le livre.

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