En ce triste jour anniversaire de la catastrophe de Fukushima, découvrez le manga en 2 volumes traitant du traumatisme japonais. L’auteure a choisi de se pencher sur le ressenti des lycéens habitant dans la zone de Fukushima pour comprendre et expliquer les changements dans leur mode de vie depuis le tremblement de terre, le tsunami et l’explosion nucléaire du 11 mars 2011. Après avoir recueilli les propos de nombreux lycéens, elle les a exposés via un groupe d’amies, les « Daisy », du nom du groupe de musique qu’elles avaient fondé avant la catastrophe.

Dans le premier chapitre, on suit Fumi, jeune fille terrifiée par les retombées radioactives, mais bravant cependant ses peurs pour retourner au lycée. Elle retrouve ses amies, soulagées qu’elle n’ait pas déménagé loin de ces lieux contaminés comme quatre de leurs camarades de classe.

La vie à Fukushima paraît lourde à porter pour les habitants qui y restent. La liberté de mouvement est fortement compromise, car les enfants ne peuvent plus jouer dehors, et la moindre petite pluie peut devenir un cauchemar car elle est chargée en radioactivité ! De plus, comment se nourrir des fruits et légumes locaux quand on sait qu’ils ont poussés dans le sol contaminé ?

La reconstruction se fait pourtant petit à petit, mais certains ont peur de se porter volontaire. Ne pas partir est une chose, mais sortir à découvert et tomber malade est autrement plus terrifiant. Quant à ceux qui sont partis pour se protéger, arriveront-ils à revenir chez eux plus tard sans avoir honte de leur fuite face à ceux qui sont restés ? Difficile aussi de garder la tête haute quand le reste du pays, malgré des mots d’encouragement, a peur de fréquenter ces gens radioactifs de Fukushima, au cas où ils seraient contagieux…

Ce manga est plus qu’instructif sur la manière dont le Japon a vécu la suite de la catastrophe, et la manière dont les dessins sont effectués, à travers une série de gros plans, donne un sentiment certain de claustrophobie : la nature n’existe plus en tant que telle, il faut rester cloîtré à l’intérieur, et continuer à vivre… malgré tout, certains personnages pensent que mourir est un sort plus enviable…

L’auteure parvient cependant à mettre en avant l’envie de s’en sortir de ces lycéens, et même si chacun est emprunt de doutes, les projets se remettent en route pour construire un avenir plus florissant et dépasser le traumatisme. Bel hommage à lire pour ne rien oublier.

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