Quand j’ai appris que le dessin animé de 1954 La ferme des animaux(dont le roman fut écrit par George Orwell) sortait au cinéma à nouveau dans une version restaurée en mars 2017, j’ai sauté sur l’occasion de relire le livre, 1- pour mon plaisir, et de 2- pourquoi pas envisager de le travailler avec mes élèves en version originale?

Au premier abord, le récit a l’air terriblement simpliste : l’histoire se passe dans la campagne anglaise, et les animaux d’une ferme décident, après que leur doyen ait fait un rêve, de se révolter contre leur maître, Mr Jones, qui les maltraite. Les animaux, menés par les cochons Napoléon et Boule de Neige, parviennent à chasser le fermier et deviennent ainsi libres de toute contrainte humaine. Ainsi naissent la deviseQuatrepattes, oui! Deuxpattes, non!et les 7 Commandements peints sur le mur de la grange une fois que certains animaux ont appris à lire.

La lecture devient intéressante lorsque l’on comprend la métaphore de cette ferme aux animaux, renvoyant à l’organisation nouvelle que connaît la Russie après sa révolution de 1917, et la montée du Stalinisme. Au fil des mois, les animaux apprennent à s’organiser, et parviennent à subvenir à leurs propres besoins, retrouvant ainsi le goût du travail pour soi, et de l’effort personnel pour le groupe. Mais très vite les premières dérives surviennent, et Napoléon prend la tête de la ferme, auto-désigné chef, et modifiant petit à petit les commandements pour les tourner à son avantage. Les animaux se voient manipulés, et ceux qui ont le courage de dire leur mécontentement sont mis à mal.

La ferme des animauxest donc à l’origine une illustration du communisme russe sous le régime de Staline, et dévoile, sous des airs de conte pour enfants, la dure réalité qu’est la manipulation des foules sous couvert d’idéaux liés à l’égalité et au partage. Le livre se lit très vite, et enseigne autant qu’il divertit. Le dessin animé souffre certes de quelques libertés dans le scénario, mais permet visuellement des références explicites à l’Histoire. On ne pourra s’empêcher de faire des parallèles avec l’histoire vacillante des politiques actuelles ou passées, et avec l’exemple des États-Unis : même si le communisme n’y est pas vraiment de rigueur, une certaine manipulation des peuples et des lois pourra se rappeler au lecteur… qui pourra dire que la littérature vieillit ?

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