Un petit moment devant vous ? Vous retrouverez tout ce qui fait le succès des écrits d’Anna Gavalda en ouvrant ses deux nouvelles, recueillies sous le titre « La vie en mieux » suivant Mathilde et Yann dans deux histoires séparées. Quoi de mieux que de placer ces personnages à Paris, ville la plus peuplée de France mais rassemblant pourtant le plus grand nombre de gens esseulés et malheureux ?

La solitude, voilà le thème cher à Anna Gavalda, et en suivant Mathilde, on comprend que cette solitude n’est pas que physique. Habitant en colocation avec deux sœurs qui lui laissent 10 000 euros pour payer les travaux de l’appartement, elle commet l’erreur d’oublier son sac dans un bar, et l’argent avec. Quand elle revient au bar, paniquée, le sac n’est bien sûr plus là… Elle se laisse aller dans une grosse déprime pendant les jours qui suivent, se sentant seule au monde, et se soûlant pour oublier. Finalement on la contacte pour lui dire que son sac a été retrouvé et qu’on souhaite lui rendre au même endroit, quelques jours plus tard. Y aura-t-il l’argent encore à l’intérieur ? Et tous ces petits objets de fille qui font toute une vie ? En quoi cette rencontre peut-elle lui permettre de relever la tête et de se reprendre en main ?

Quant à Yann, c’est un jeune homme qui déchante totalement sur le sens à donner à sa vie. Oui, il a obtenu un CDI, oui il a une petite amie, mais qu’est-ce qui l’empêche d’être heureux ? Une introspection dans le froid hivernal et un dîner chez des voisins qu’il connaît à peine lui permettent d’y voir plus clair et de choisir ce qu’il veut faire de son avenir.

Le titre du recueil prend tout son sens à la lumière de l’évolution des protagonistes. Installés dans leur petite vie, ils savent agir au bon moment pour l’améliorer, la vivre mieux, et récrire leur histoire. Peut-être reproche-t-on à Anna Gavalda de suivre toujours ce même schéma solitude / rencontre / révélation / bonheur dans ses livres, mais son regard porté sur la société est criant de vérité, souvent drôle, révélateur de ce que nous pensons tout bas sans oser le dire tout fort, et ancré dans une réalité en laquelle chacun d’entre nous se reconnaît. Mais ce que le lecteur pourra en retirer, c’est de ne pas avoir peur de prendre des décisions drastiques et de tout plaquer, s’il le faut. Chacun est l’acteur de sa propre vie, qu’on se le dise.

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