Lire un Steve Berry, c’est un peu comme se plonger dans un Dan Brown. On prend sa respiration et on tient bon jusqu’à la fin du chapitre sans se rendre compte de son apnée, et on repart pour un tour avec le chapitre suivant ! L’écriture n’est pas tout à fait la même mais l’intention est bien là, et le rythme soutenu a vite fait d’embarquer le lecteur dans une histoire atypique.

Cotton Malone, le personnage récurrent dans les romans de Steve Berry, est un ancien agent secret américain devenu libraire à Copenhague. Un jour il reçoit une vidéo d’une de ses amies en train d’être torturée, et on fait appel à lui afin qu’il rende à un messager un objet bien précis ; le hic, c’est qu’il n’a aucune idée de ce qui lui est demandé ! Un coup de bluff avec le messager et il part à la recherche de son amie. La piste qu’il va remonter va lui permettre de la retrouver et les pousse à aller jusqu’en Chine où bien des secrets seront dévoilés sur l’histoire de ce pays et de ses dirigeants.

La difficulté de ce roman se trouve dans les quelques scènes qui se déroulent parallèlement, forçant le lecteur à passer d’un personnage à d’autres assez rapidement, sans avoir la possibilité avant un bon tiers du roman de comprendre le lien qui les unit, et surtout l’enjeu du récit ! Que recherchent les chinois et les russes ? En quoi un petit libraire peut-il influer sur leur quête ? Et quel est ce monastère oublié mentionné dans le titre, mais nulle part dans le roman avant son dernier quart ?

L’histoire chinoise est très développée dans le récit, venant étayer l’action et donner un point de vue stable et sérieux dans la succession d’événements hors du commun vécus par nos personnages. C’est elle qui donne, à mes yeux, une certaine richesse à ce roman ; d’autant plus que l’auteur termine son livre par une explication détaillée de ce qui est véridique ou inventé !

C’est un thriller probablement réussi pour les amateurs du genre, mais ce qui peut gêner certains lecteurs dans ce genre-là se comprend ici: récit rapide, tiré par les cheveux avec un scénario abracadabrant, effets spéciaux imaginaires et liens ou motivations difficiles à établir entre les différentes parties. Pas moyen de se laisser bercer par les mots, il faut donc accepter d’être acteur de sa lecture afin de mettre toutes les informations bout à bout. Cependant, cette lecture reste un très bon moyen de se divertir et de s’évader du quotidien.

Oui…

– Les ressources autour du texte sont intéressantes et complètent parfaitement la lecture : illustrations, carte de la Chine, explications culturelles de l’auteur,

– les descriptions des paysages et l’apport d’informations historique sont riches et consolident la base du récit.

Mais…

– Le vécu des personnages principaux sur ce qui s’est passé dans de précédents écrits est mentionné, mais donnent au lecteur le sentiment de lire un livre qui n’est pas indépendant des autres. Il vaut donc mieux lire la collection (dix livres pour le moment) dans l’ordre chronologique,

– la difficulté à rattacher les wagons entre les différents personnages pendant la première partie du roman,

– quelques oublis de ponctuation.