C’était il y a deux ans déjà… et ce jour-là je me suis vraiment demandé pourquoi… mais pourquoiiiiiiii est-ce que je m’inflige ça ?? C’est clair qu’à quelques minutes de l’envol, à quelques pas du vide, on ne fait pas le malin…

Un beau jour de la semaine que je m’étais accordée au pied du Mont Blanc, ma moitié me propose un vol en parapente en guise de cadeau d’anniversaire. Après quelques hésitations où finalement mon côté avide de nouvelles sensations a su peser dans la balance, on appelle le moniteur et rendez-vous est posé à 15h, « parfait pour profiter des courants d’air chaud qui nous feront gagner quelques minutes de vol », a-t-il dit !

Une bonne vingtaine de minutes de voiture pour monter, monter, monter jusqu’au trois quarts de la montagne, avec des lacets serrés à n’en plus finir, je flippais déjà en me demandant pourquoi je m’étais lancée là-dedans, le vertige me guettant à chaque virage… On arrive finalement sur un plateau à la lisière supérieure de la forêt de sapins, et la vue se dégage sur le Mont Blanc, à une quinzaine de kilomètres de l’autre côté de la vallée, nous coupant le souffle.

Quelques parapentes s’en donnaient à cœur joie dans le ciel sans nuage, et quand le moniteur est arrivé avec la voile dans le sac à dos, j’ai commencé à sentir mes jambes trembler. Ça va vraiment me porter, nous porter, ça ?? J’enfile le sac à dos censé me servir de siège en vol, pendant que Yoyo (avec un surnom comme ça, on ne peut être qu’un Gentil Mono) déploie la voile de 41m2 au sol, enfile lui aussi son sac et fixe la voile. Quelques clics de mousqueton et nous sommes liés pour la prochaine demi-heure.

« Surtout il faut bien suivre les instructions : quand je te le dis, tu cours, et tu te penches bien en avant, jusqu’à ce que je te dise de t’asseoir. » Euh d’accord monsieur, mais là vous êtes sûr qu’on ne va pas mourir la tête la première dans les sapins… ? Même pas eu le temps de poser la question, et c’est parti, un pas, deux pas, et on sent la voile se gonfler et nous freiner dans notre course. Finalement, à partir de ce moment-là je n’ai plus eu peur, me sentant soutenue par dessus, et le décollage a fini par se faire bien avant les sapins. A peine assise, j’ai étendu mes bras de chaque côté pour profiter pleinement de cet envol, en confiance et complètement soufflée par la découverte d’un monde en trois dimensions. Après quelques minutes de vol où Yoyo m’a expliqué qu’en trouvant les « thermiques », ces courants d’air chaud se formant aléatoirement, on pouvait rester plusieurs heures en l’air, il m’a laissé les poignées afin de me permettre de gérer notre trajectoire. Quelle sensation de liberté ! De calme ! De légèreté ! Le vent dans les voiles autant que dans les oreilles, une température idéale, les pieds dans le vide, et même pas peur 🙂

Ca c’est moi : (!!)

On est tranquillement descendus jusqu’à se placer au dessus d’un champ de vaches prêté gracieusement par la mairie, et à l’approche du sol, les mouvements d’air ont presque eu raison de mon estomac sensible au mal des transports… L’atterrissage s’est fait tout en douceur et nous nous sommes stabilisés sous le regard du troupeau qui broutait. Dure dure la vie de vache en montagne, ça regarde passer les parapentes!

La voile a été repliée en quelques minutes, et la jeep de l’équipe nous a remontés jusqu’au point de départ (encore et encore des lacets de route à gérer pour mon estomac…), où j’ai eu droit à mon petit diplôme d’apprentie pilote pour immortaliser ce grand moment.

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L’expérience est géniale, la peur s’évanouit et laisse place à un sacré émerveillement de s’envoyer en l’air dans un endroit magique ! Les vols d’initiation ou de baptême coûtent entre 80 et 100 euros pour une durée allant de 15 à 30 minutes, ce qui est plus que raisonnable, en sachant qu’il n’y a pas besoin d’être un grand sportif pour se lancer, la preuve ! Activité accessible à tous donc, sous réserve que votre estomac veuille bien vous suivre… !