J’ai vu sur un site de vente en ligne il y a quelques semaines que ce roman de science-fiction, aux côtés de « 1984 » de George Orwell, faisait partie des meilleures ventes… sans doute était-ce du à la récente élection de Donald Trump, au vu du drapeau américain un peu mis à mal sur la première de couverture ? En quoi Philippe K. Dick aurait-il pu imaginer en 1962 un monde qui aurait fait écho de près ou de loin à ce que connaît l’Amérique ou le monde aujourd’hui ?

Je parle de science-fiction, mais le terme précis serait plutôt uchronique. En effet, l’uchronie est la réécriture de l’histoire à partir d’un point donné. Ici on part de la Seconde guerre Mondiale et de la victoire de l’Allemagne et du Japon sur les Alliés. De quoi modifier en profondeur le monde que l’on connaît actuellement… L’Allemagne est donc le pouvoir en place le plus puissant, ayant tout pouvoir sur l’Afrique où génocides, tortures et expériences sont menés librement. La côte est des États-Unis est elle aussi bien marquée par le pouvoir nazi, alors que la région Pacifique est gérée par les Japonais.

L’action se passe principalement à San Francisco. Les japonais sont sur tous les postes à responsabilité, mais ils doivent aussi travailler avec les diplomates aryens pour maintenir une paix précaire. Le monde est sur le point de basculer avec la mort du chancelier en place dans le début des années 60 et la passation de pouvoir à un nouveau haut fonctionnaire nazi.

Les personnages du récit n’ont pas spécialement de poids sur ce qui se passe à l’internationale, mais ils permettent au lecteur de comprendre ce monde inconnu à travers leurs perceptions. On découvre aussi l’annihilation presque totale de la culture américaine, dont les vestiges trouvent leur place dans des magasins d’art pour leur « historicité », leur valeur historique aux yeux des riches collectionneurs. Comment maintenir ou réinventer une véritable culture américaine dans ces conditions, alors que fleurit un marché de copies d’objets anciens presque aussi réels que les originaux, et que les traditions asiatiques ont quelque peu annulé les américaines ? Peut-on aussi vivre sa vie librement aux États-Unis quand on est juif ou bien de un peu foncé de peau ?

A la lecture, l’action paraît limitée dans ce récit, tout comme la place réservée aux dialogues. Le récit se focalise sur la description du monde ainsi qu’à l’introspection. Peu d’action donc, reflétant le manque de réaction des peuples et une certaine acceptation de la situation politique internationale. Une série télé est sortie, portant à l’écran l’adaptation de ce roman. Les choix sont-ils fidèles à ceux de l’auteur ? Cela reste à voir, je n’ai pas encore eu la possibilité de la regarder pour lever le voile de mystère…

Et justement, cet homme dans le Haut Château, qui est-il ? Un dirigeant intouchable qui joue avec le monde ? Ou se pourrait-il que ce soit cet écrivain qui, au sein même de notre roman, a publié un livre interdit imaginant le monde tel qu’il serait si les Alliés avaient gagné la guerre ? (tiens, ça me rappelle quelque chose…)

Les points communs sont nombreux avec le roman de George Orwell précédemment cité, et peut-être peut-on en trouver avec notre présent bien réel… Quand le pouvoir en place peut faire vaciller le monde en une seconde, ou quand cet homme là-haut dans son château reste énigmatique… l’avenir, comme le récit, nous dira probablement ce qu’il en est lorsque l’épilogue sera atteint.

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