Un grand dépaysement avec le premier volume de la série « Louisiane », qui nous emmène dans les plantations de coton des années 1830, au rythme des chants des esclaves et des amours des jeunes filles en fleur. La jeune Virginie Tréjan rentre de France où elle a fait son éducation, pour retrouver son parrain sur les bords du Mississippi. Ce dernier, le marquis Adrien de Damvilliers, est un planteur de coton à Bagatelle et a pris soin de l’héritage que Virginie est censée recouvrer à son retour, suite à la disparition de son père. Clarence Dandrige, l’intendant de la plantation de Bagatelle, vient la récupérer à la Nouvelle-Orléans, et il se rend vite compte que Virginie n’est pas si sage qu’elle le paraît, car elle semble nourrir des desseins particuliers quant à son avenir.

Un mariage étonnant avec Adrien, quelques enfants plus tard et des décès dans la vie de Virginie pourront-ils changer la nature profonde de cette héroïne du Sud ?

Les changements de mentalité en ce qui concerne l’esclavage se font aussi sentir au fil des années, et les États du Sud commencent à s’inquiéter quant à la pérennité de leurs exploitations. Comment survivre dans la culture du coton ou de la canne à sucre si l’on n’a plus d’esclaves pour travailler dans les champs ? Les points de vue s’opposent sur le bien-être des Noirs : peuvent-ils subvenir à leurs besoins par le travail en étant libres, ou ne vaut-il pas mieux qu’ils restent logés et nourris en appartenant à un maître ?

Suivre les personnages de Bagatelle n’est qu’un prétexte heureux pour dépeindre au plus réel la Louisiane de la grande époque. Le récit détaillé des rapports entre Europe et Amérique est instructif, tant au niveau politique que commercial, et la traite des esclaves reste évidemment un thème récurrent au fil des pages. Parfois quelques longueurs dans les descriptions historiques peuvent perdre le lecteur, mais elles permettent aussi de remettre à jour les connaissances générales, et tracent un beau panorama du monde en cette première moitié du XIXème siècle. Culture générale et fresque familiale sont donc au premier plan pour dépayser le lecteur et lui donner de nouvelles clés de compréhension de l’Histoire.

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