Ça vous arrive de vous arrêter 5 minutes pour repenser à votre enfance ? A vos copains perdus de vue ? A vos rêves de gamin ? Ressentez-vous de la nostalgie ? Si c’est votre lot et que vous vous sentez seul dans ce genre d’introspection, il est temps de vous mettre devant Stand by me. Gordon, environ 45 ans, décide de raconter dans un livre une aventure marquante de son adolescence, et le flash-back nous emmène dans l’Amérique de la fin des années 50.

Gordon et ses amis décident un jour d’été d’aller à la recherche du corps d’un garçon de leur âge qui, d’après le grand frère de l’un d’eux, serait tombé en contrebas de la voie ferrée à une journée de marche de là. Ils se disent qu’ils deviendraient les héros de le petite ville s’ils le ramenaient alors qu’il est porté disparu. Mais le trajet prend une tournure inattendue et se transforme en voyage initiatique pour les 4 garçons qui laissent tomber le masque d’ado fort et insouciant. Doucement on comprend ce qui fait la singularité de chacun car l’histoire familiale laisse des traces parfois douloureuses, et pourquoi ils sont aussi attirés par la vue d’un cadavre. Seuls dans la nature, confrontés à leurs peurs et aux gargouillis de leur estomac, les personnalités dévoilées seront bien différentes à la fin du film, car on sent qu’ils ont atteint un tournant de leur vie. D’ailleurs la voix off du Gordon adulte permet de décloisonner le récit en le replaçant dans une vision plus globale de leur vie.

Le personnage de Vern rompt le rythme sérieux du récit avec un humour maladroit, entre deux scènes où les beaux paysages de l’Oregon permettent la contemplation du spectateur. La musique envoûtante des années 50/60 comme la fameuse chanson de Ben E. King, « Stand by me » qui a d’ailleurs donné son nom au film, ou « Lollipop » des Chordettes, remplit même les spectateurs les plus jeunes d’une nostalgie de cette Amérique encore fragilisée par la 2ème Guerre Mondiale et la guerre de Corée. A l’origine basé sur un récit de Stephen King, ce film prend naturellement son envol loin des frontières floues entre réalité et surnaturel habituellement développées chez l’écrivain ; chacun se retrouvera dans ce beau récit d’amitié on ne peut plus réel, porté par quatre jeunes acteurs, dont le jeune River Phoenix, profondément touchants.

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