La petite aux tournesols, c’est Mathilde, qui rêvait de voir des tournesols en pleines fleurs depuis longtemps ! Céline, sa mère, décide de ne pas aller en vacances au bord de la mer cette année, mais de louer une petite maison dans l’arrière-pays provençal. Quel émerveillement pour Mathilde de découvrir la jolie maison et toutes les promesses de trésors que dévoile son grand jardin ! Et au fond du jardin, le champ de tournesols l’attend, elle, pour lui donner le vertige…

De l’autre côté du champ il y a une ferme où elles partent toutes les deux acheter du fromage de chèvre et des œufs, et la petite fille y rencontre Rémi, un garçon recueilli par le couple de fermiers pour l’été. Coup de foudre immédiat entre les deux enfants, et alors qu’il faut d’abord s’habituer à l’idée d’avoir un amoureux, il est ensuite terriblement compliqué de vivre les moments où ils ne sont pas ensemble !

Sans oublier que Bénédicte, sa meilleure amie, et sa mère, viennent d’arriver pour passer quelques jours en vacances avec elles. Bénédicte ne comprend pas toujours ce qui lie autant Mathilde et Rémi, mais elle respecte leur besoin d’intimité. Heureusement qu’elle est là le jour où Mathilde apprend qu’elle doit rentrer à Paris car les vacances touchent à leur fin, et une meilleure amie sait toujours quoi dire et faire quand on ne va pas bien.

Vous l’aurez peut-être compris, c’est à travers le point de vue de Mathilde qu’on découvre cette belle histoire d’amour et, du haut de ses six ans, le vocabulaire et les structures de phrases sont simples. Cependant, la petite fille porte un regard sur le monde assez juste : même si elle ne comprend pas bien ce qui justifie l’absence de ce « il », ce père dont elle s’est distancié et qu’elle ne nomme jamais ainsi, elle sait que sa mère en souffre. Elle sait aussi que les mères ont un sens de l’observation hors du commun et qu’elle sait tout sur sa fille, mais elle déplore ses maladresses de « mots ». D’ailleurs, Mathilde commence à vouloir prendre ses distances avec elle car son histoire avec Rémi crée comme un besoin d’intimité, quelque chose qui ne lui appartient qu’à elle. Elle se sent grandir à chaque événement ou décision à prendre, comme si vivre son état d’enfant n’était plus supportable.

Ce récit, même s’il est très simple à lire, est aussi poétique qu’une peinture impressionniste, à mes yeux. De multiples touches de couleurs, de sentiments, de doutes, de bouderies ou d’éclats de rire forment un tableau touchant sur l’enfance, et renvoie au monde ensoleillé et « enlavandé » de Marcel Pagnol. De plus, on se voit rappelé aux vieux souvenirs des premiers amours d’enfance, en quelque sorte très proches des amours adultes par le choix des mots de la petite Mathilde, et en même temps très purs car platoniques. Une belle histoire qui vous donnera certainement un goût de nostalgie, mais qui vous fera regarder les tournesols différemment cet été.

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