Alors là vous allez trouver que j’abuse… je crois que je n’avais pas lu un roman style Harlequin depuis mes quinze ans !! Attention, des intrigues presque dignes des Feux de l’Amour ont lieu dans le New York des jeunes débutantes de 1899 !

Les journaux ne parlent que de ces jeunes gens héritiers des vieilles familles new-yorkaises qui passent leurs soirées à des bals ou des fêtes, alors chacun de leurs gestes est passé au crible : qui flirte avec qui ? Qui porte quelle tenue ? Qui est le couple le mieux assorti ? De plus, chaque début de chapitre on peut lire un extrait d’article publié à l’époque dans le journal ou dans un guide de bonne conduite, introduisant quel personnage y sera suivi : Elizabeth est la protagoniste. Elle a 18 ans, elle est reconnue comme étant la plus jolie jeune fille de l’époque, et a travaillé ses manières pour devenir une vraie lady !

Diana, sa sœur, cependant, est plus sauvage. Elle n’a que 16 ans mais déjà un caractère bien trempé, et il lui est difficile de rentrer dans les cases imposées par la société en cette fin du XIXème siècle. Quant à Penelope, la meilleure amie d’Elizabeth, c’est une manipulatrice imbue de sa personne, très « nouveau riche » mais ne supportant pas qu’on lui fasse de l’ombre… alors quand elle apprend qu’Henry, son flirt secret, va devoir épouser Elizabeth, elle ne le supporte pas, et passera les jours qui suivront à tenter de renverser les desseins du destin.

Sans tomber dans le spoiler, le prologue dévoile qu’Elizabeth est décédée et décrit la scène de son enterrement et toutes les personnes y assistant, créant une scène très théâtrale dans laquelle chaque personnage important est présenté. Par la suite, le récit revient sur les jours qui ont précédé le drame afin de comprendre ce qui a bien pu se passer.

Au-delà d’être un roman d’été à lire sur le bord d’une piscine, la manière dont la société de l’époque est décrite dans son organisation permet de combler quelques lacunes culturelles. L’aube du XXème siècle n’est pas souvent décrite sous l’angle de la bourgeoisie new-yorkaise, et la ville elle-même prend de nouvelles dimensions : qui se souvient d’un New York ayant à peine annexé le Bronx et le Queens abritant encore quelques fermes, et d’un Manhattan encore vierge des skyscrapers qui ont vu le jour quelques années plus tard ? Dépaysement socio-spatio-temporel certain, allez-y !

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