Un recueil de nouvelles récompensé par le prix Goncourt, qu’est-ce que ça peut donner ?

La première nouvelle est celle qui a donné son nom au recueil, et plonge le lecteur dans un monde et un langage un peu surréaliste, lorsque M. Dassoukine, ambassadeur marocain, raconte à ses camarades comment il s’est fait voler son pantalon, ce qui ne lui a pas facilité la tâche par la suite pour obtenir des avantages pour son pays face aux représentants européens !

La deuxième, intitulée « Dislocation », débute sur la phrase suivante : « Que serait, se demanda-t-il, un monde où tout serait étranger ? » Le narrateur paraît se la répéter inlassablement, en ajoutant une information supplémentaire à chaque fois. Ainsi le lecteur entre doucement dans la tête du personnage, apprend des choses sur sa vie, comprend les références littéraires ou artistiques, jusqu’à en perdre le sens de la phrase… ce qui permet parfaitement de comprendre l’état psychologique du personnage principal, en pleine « dislocation » de pensée sur sa vie. Étrange mais convaincant et troublant, pour tout lecteur s’étant un jour posé la question du sens de toute chose…

De nombreuses nouvelles toutes aussi intéressantes viennent compléter ce recueil, et balaient des thèmes divers et variés, tels que l’identité et la nationalité, les peurs profondes de l’humain ou la philosophie. Malgré l’utilisation de mots « savants » parfois utilisés gratuitement et pouvant gêner la compréhension du lecteur épisodique, chaque nouvelle parvient à capter l’attention et les chutes sont inattendues, permettant une curiosité continue d’un texte à l’autre. Cela réconciliera sûrement les lecteurs avec ce genre littéraire.

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