Regarder « Mommy », c’est un peu comme de se plonger dans un bol d’émotions à l’état pur. C’est bien la première fois que ça me fait ça et que j’ai les larmes aux yeux sur une bonne moitié du film… Rien que le format de l’image peut surprendre au premier abord : étant carrée, la fenêtre de vue sur les personnages est réduite, et pousse donc le spectateur à regarder de près les protagonistes, incroyablement touchants et débordant d’émotions.

« Mommy » (« maman »), c’est le personnage principal, Diane de son prénom. Veuve et dans une situation professionnelle instable, elle tente d’élever son fils Steve atteint de graves troubles du comportement, après qu’il a été exclu du centre où il était surveillé et soigné. Ces deux-là partagent une relation fusionnelle et tactile, au langage souvent cru et reflétant ce « je t’aime moi non plus » flagrant chez les tempéraments explosifs, si bien que lors des crises de Steve, les cris et les violences sont presque insoutenables pour le spectateur.

L’apparition de Kyla, la voisine dépressive, peut sembler superflue dans cet état de fait. Cependant, fréquenter Diane et Steve a l’air de lui donner le déclic dont elle avait besoin pour se reprendre en main, et sa présence permet à Diane de ne pas vivre seule les difficultés du quotidien. Elles partagent l’écran en toute égalité, touchantes et drôles à la fois.

L’accent québécois présent tout au long du film s’oublie petit à petit, les sous-titres complètent ce que l’oreille a du mal à capter, mais certaines expressions imagées contribuent fortement à la dose d’humour nécessaire pour soulager le lecteur des tensions parfois palpables, car l’impression qu’une catastrophe peut arriver à tout moment met les nerfs du spectateur à rude épreuve, tout en donnant parallèlement corps au film. De plus, la bande-son est très bien choisie, mêlant le classique et la musique pop contemporaine, et elle met parfaitement en valeur la psychologie des personnages. C’est un chef-d’œuvre à voir, qui ne laisse pas indemne car abordant des notions parfois douloureuses comme la dépression, la violence, l’impuissance ou l’amour complexe entre mère et fils.

Publicités