Nombreux sont ceux qui emploient une femme de ménage, parce qu’ils manquent de temps à la maison, qu’ils ont la flemme de passer l’aspirateur, ou un problème médical. Il est difficile de faire venir une inconnue chez soi, car que va-t-elle penser en voyant le côté obscur de votre organisation (ou absence de!) – la poussière sous et sur les meubles, le linge sale, etc ? Après tout, on peut imaginer que la femme de ménage voit toujours pire ailleurs… et qu’elle apprend à relativiser et ne pas juger ses employeurs qui, fort heureusement, sont aussi ceux qui la paient !

Mais dans le cas d’Isaure, avec un bac + 5 en Lettres, difficile de ne pas être mis dans une case… En effet, elle décide de faire des ménages afin de payer ses études (ou ses loisirs), et elle trouve des heures à faire par petites annonces ou bouche à oreille. A chaque employeur ses découvertes sur la race humaine ! Jamais elle ne les nomme, alors elle les observe, elle les étudie, afin de comprendre à qui elle a affaire : les bobos, les pseudo-bobos, les actrices, les hippies, les vieux, les familles, les handicapés, tout le monde en prend pour son grade ! Les meubles et objets de déco sont passées au peigne fin, et si elle tente de laisser libre court à ses talents de (re-) décoratrice après avoir tout nettoyé, elle se rend vite compte que chaque chose est revenue à sa place initiale la semaine suivante…

Le ton est donné : le ménage n’est qu’un prétexte pour étudier l’humain à travers son home ! Montre-moi ton logement et je te dirai qui tu es… Si très peu est dévoilé sur l’intérieur de notre narratrice (pudeur ou peur d’être analysée à son tour?), chaque description des divers appartements dans lesquels elle travaille est faite avec une multitude de détails, le tout lié par beaucoup d’humour et d’ironie. Isaure n’est pas cruelle mais réaliste et humaine, car la dure réalité de ce métier est mise en avant dans la deuxième partie du roman. Difficile de pallier le laisser-aller des uns ou de faire face à la méchanceté des autres… Et quand on revient la semaine d’après et que tout est à refaire, comment trouver la force de tout refaire ?

Après la lecture de ce récit autobiographique léger (avec humour et décallage parfois un peu surjoués?), vous ne verrez plus les femmes de ménage de la même manière, et vous regarderez autour de vous, en vous questionnant sur votre lien à votre « chez vous » : quel rôle lui donnez-vous ? Quels efforts êtes-vous prêts à consentir pour le remplir de possessions parfois – souvent – inutiles ? Discutez-en avec votre femme de ménage…

Publicités