D’habitude, les récits de voyage et moi, ça ne fait pas bon ménage… tout d’abord parce que ça me frustre de ne pas voyager autant que je le souhaiterais, et puis aussi parce que chaque aventure est tellement personnelle qu’il est difficile de rentrer dans la tête du personnage. Allez donc savoir pourquoi j’ai lu “La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry”!

Le décor, peut-être… l’Angleterre, avec la carte du trajet d’Harold, qui va partir de la côte sud des Cornouailles, pour aller jusqu’à la frontière avec l’Ecosse. Ou bien les raisons de ce voyage qui, comme le titre l’indique, a changé la vie de notre protagoniste! En effet, un beau matin, Harold reçoit la lettre d’une certaine Queenie Hennessy, avec qui il a travaillé une vingtaine d’années plus tôt, qui lui annonce qu’elle souffre d’un cancer en phase terminale. Il griffonne quelques mots, et part à pied en bas de la rue pour poster sa réponse. Mais une fois arrivé à la boîte, il se dit qu’il peut bien l’emmener un peu plus loin à la prochaine boîte postale… puis encore un peu plus loin!

Le voilà ainsi parti à pied pour rejoindre Queenie Hennessy, à près de 800 km de là, sans son téléphone, en chaussures de bateau, sans équipement ni entraînement aucun! Mais il finit quand même par lui envoyer sa réponse en y ajoutant qu’il marche, et qu’elle doit l’attendre.

Quel est ce lien entre Harold et Queenie, pour le pousser à partir ainsi sans prévenir Maureen, sa femme? Pourra-t-il au moins aller jusqu’au bout, une fois aux prises avec ses pensées, sa solitude, et les douleurs de son corps peu habitué à l’effort physique?

Le ton donné au récit est étonnant par sa complexité. Non pas que ce roman soit dur à lire, car on le dévore! Mais il mêle à la fois pudeur, souffrance, confiance et humour, le tout mélangé en petites teintes dépeignant à mes yeux l’expérience unique que l’on peut avoir tout au long d’un tel périple. Il permet aussi de comprendre en transmettant une émotion profonde que la vie peut basculer selon chaque choix que l’on fait, et qu’aucune situation n’est irréversible. Question de vie ou de mort… et de survie… A vos chaussures alors, si vous avez des choses à régler avec vous-même ou avec le reste du monde…

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