Rien à voir avec l’état américain, Alaska est le nom (personnellement choisi) d’une jeune fille pensionnaire du lycée de Culver Creek, dans l’Alabama. Miles, le narrateur, la rencontre dès son premier jour à l’internat et très vite il se rend compte qu’il n’est pas insensible à son charme : ses yeux verts, son sourire, et surtout sa personnalité attirent le regard et les convoitises des garçons de son entourage, mais elle est avec Jake alors elle ne promet rien à personne.

Au fur et à mesure des jours, Miles découvre sa nouvelle école et ses amis le Colonel et Takumi l’entraînent sur une pente glissante : il se met à fumer et à boire, et participe aux blagues du groupe au sein de l’école, tout en gardant un œil sur Alaska et ses sautes d’humeur. Difficile de la cerner, et pourtant ses souffrances sont souvent palpables, alors elle brûle la vie par les deux bouts comme pour s’approcher de la mort plus rapidement.

Les paragraphes sont assez courts et organisés autour d’un décompte, attisant la curiosité du lecteur car peu d’indices sont laissés pour comprendre à quoi il fait référence. Un événement marquant, c’est indéniable, et comment peut-il impacter le narrateur pour qu’il y ait un « avant » et un « après » ? Après réflexion sur les détails disséminés ici et là, on peut se dire que tout mène à ce moment fatidique, mais sur le coup et l’urgence d’une lecture presque en apnée, on passe à côté… non ?;)

L’auteur joue un beau coup en dévoilant les amours de lycéens de manière aussi pudique et crue à la fois. On sent la quête de Miles d’un « Grand Peut-Etre » en toile de fond, et sous des airs de routine scolaire et de confidences arrosées et enfumées entre amis, chaque moment est riche d’émotions et formateur pour sa construction personnelle. Peut-il prendre conscience de la richesse de son vécu à l’heure des bilans pour la fin de sa première année d’internat ?

On en aurait presque envie de revenir à cette époque où insouciance et impression d’être invincible sont intimement mêlés à la violente exubérance des sentiments de l’adolescence. L’amitié entre nos protagonistes, leur humour, leurs ambitions ou juste leur envie de « vivre » les rendent extrêmement attachants, et je regrette d’avoir lu ce texte en seulement quelques jours. Je dois à présent leur dire au revoir, avec peu d’espoir de les retrouver dans une suite… (mais qui sait?)

Merci Ophélie pour cette très belle découverte ! 😀

Publicités