Il y a quelques années, avant que l’Europe ne soit touchée de manière récurrente par des attentats terroristes, une comédie était sortie au cinéma sur une bande de copains britanniques musulmans, loin de briller par leur intelligence mais projetant de faire leur « djihad » et de devenir terroristes ! Omar et un de ses amis parviennent à partir en camp d’entraînement au Pakistan afin de parfaire leur méthode de combat, mais ils sont vite renvoyés en Angleterre à cause de leur incompétence. Malgré tout, ils s’organisent pour monter de A à Z une attaque à la bombe : trouver les ingrédients, les assembler, faire des tests, et surtout ne pas se faire remarquer par la police !

Les personnages finissent par être attachants à une bonne moitié du film, une fois qu’on leur trouve un peu de profondeur d’âme et qu’on oublie leur bêtise. Omar, surtout, s’affirme de plus en plus au milieu de ses camarades en leur disant leurs quatre vérités mais aussi en créant une cohésion de groupe. De plus, leurs motivations à devenir des martyrs musulmans est tournée en dérision, jouant avec les stéréotypes islamistes (les 7 vierges du paradis, par exemple) et montrant la quête d’un plaisir égoïste dans l’au-delà sous réserve d’avoir tué des mécréants. Tout le long du film, les répliques sont rapides et efficaces, et pourraient devenir cultes si ce film était plus connu, entre les stéréotypes (encore et toujours) musulmans ou non, répliques cinglantes entre potes, et des « mon frère » à la pelle.

A l’approche de la fin du film, alors que les objectifs sont presque atteints, l’atmosphère change et la comédie cède le pas au drame. L’ambiance devient lourde et oppressante, et les scènes filmées avec une caméra à l’épaule, donnant un réalisme particulier dès le début du film, entraînent le spectateur dans le sillon des terroristes en devenir et glace un peu le sang finalement…

Si ce film devait sortir aujourd’hui, il ferait certainement grand bruit car il ramènerait probablement le traumatisme des attentats français depuis Charlie Hebdo à la surface, et l’opinion générale ne comprendrait pas comment on peut en arriver à faire de l’humour avec du terrorisme islamique. Cependant l’humour à la Sacha Baron Cohen donne le ton du décalage et de la satire dès le début, soulignant toute la distanciation avec les idées islamistes mises en avant dans le film. Troisième degré oblige, d’ailleurs récompensé comme premier film par la British Academy en 2011 !

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