Une vingtaine de pages auront suffi pour découvrir ce qui pourrait être, pour une non-spécialiste comme moi, une littérature américano-haïtienne ! Truman Capote s’avère être un réel artiste peignant avec ses mots toute une fresque sur les pages d’un livre : ainsi, nous voilà à Port-au-Prince en compagnie d’Ottilie, jeune haïtienne des montagnes travaillant comme prostituée dans une maison close. Elle s’entend bien avec Rosita et Baby, originaires de Saint Domingue, et elles aiment se retrouver sous le porche de l’hôtel pour discuter et rire.

A l’approche du carnaval, les trois amies décident de se rendre aux combats de coqs, vêtues de leurs plus beaux atours, et ce jour-là Ottilie découvre enfin ce qu’est l’amour, le vraie, celui qui donne l’impression d’avoir de petits poissons nageant dans les veines : un grand jeune homme des montagnes la regarde, et l’emmène finalement à l’écart ! Que vont-ils se dire ?

Le narrateur donne beaucoup de poésie au texte dans son choix de comparaisons ou métaphores. Ainsi, on découvre que l’on peut parler en « glissant quelques sucreries dans le vinaigre de sa voix » ! On glisse aussi doucement dans un monde fantastique, celui des croyances autochtones où shamans, sorcellerie et esprits ont leur place, pour le plus grand plaisir du lecteur. C’est un récit plein d’amour et de poésie, malgré une pointe de machisme qui pourra hérisser le poil des féministes, mais qui donne une identité propre aux personnages. A lire !

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