Ce deuxième volume des Enfants de la Terre, “La vallée des chevaux”, suit toujours la même jeune femme, Ayla, qui avait été accueillie par le Peuple du Clan quand elle était toute petite. On la découvre errant seule dans la steppe dès les premières pages, après avoir été bannie par son clan d’adoption, et luttant pour survivre dans un environnement dangereux afin de trouver les Autres, ce peuple dont elle est originaire.

Un immense sentiment de solitude s’empare du lecteur en suivant l’histoire d’Ayla loin des siens. Elle trouve une caverne dans laquelle elle s’installe pour passer l’hiver. Elle se constitue petit à petit des réserves de viande et de nourritures en tout genre pour tenir jusqu’au printemps, et prend sous son aile une jeune pouliche qu’elle installe avec elle dans la caverne. Elle y reste finalement plusieurs années, se créant un monde à elle, entourée d’abord par son cheval, puis par un lionceau blessé qu’elle recueille et élève.

Ce volume est différent du premier car il se focalise aussi sur deux personnages masculins, Thonolan et Jondalar. Ainsi les chapitres alternent entre la description de la vie solitaire d’Ayla, et les deux frères Zelandonii au plein cœur de leur Voyage initiatique les portant à travers le continent, au gré de leurs envies et rencontres.

Le changement de ton entre les volumes 1 et 2 vient du fait que les deux hommes sont foncièrement différents des hommes du Clan. Tout d’abord, ils sont issus du même peuple qu’Ayla, une civilisation bien plus évoluée que le Peuple du Clan. Ils sont aussi bien plus à l’aise vocalement, tant sur l’expression de l’abstrait que sur l’humour. On suit leurs aventures, et leur ton si léger paraît presque hors du temps, très voire trop futuriste. Cette légèreté et ces petites plaisanteries peuvent déstabiliser et gêner car elles tranchent vraiment avec le ton sobre et minimaliste du premier volume. Cependant, une fois passée la première moitié du roman, ce décalage s’efface au profit d’un récit à nouveau centré sur la civilisation de ces hommes d’il y a 35 000 ans.

Quelques longueurs aussi du côté d’Ayla, alors même qu’elle commence à trouver le temps terriblement long toute seule… jusqu’au moment où les chapitres alternés entre garçons et fille s’effacent, et font place à leur rencontre, enfin!

De ce jour, le quotidien de chacun change, et on suit les liens très forts qui se construisent entre Jondalar et Ayla. On ne peut s’empêcher de suivre avec intérêt l’évolution du personnage d’Ayla, mise pour la première fois en présence d’êtres humains issus du même peuple qu’elle. Cette rencontre est d’autant plus importante qu’elle permet de confronter leurs techniques de chasse ou leurs rapport à la Terre Mère, et d’innover dans de nombreux domaines, ce qui changera à jamais l’évolution de l’espèce humaine.

On comprend mieux comment l’homme a su adapter ses gestes et sa technique à ses besoins. L’écriture sur la fin de ce volume a su retrouver le ton humble, posé et instructif du précédent, à mon plus grand plaisir. Elle permet au lecteur de revenir aux origines de son espèce, de réfléchir aussi sur le rapport à la Terre, alors emprunt de respect. Mais une question persiste… que peuvent encore nous réserver les tomes suivants…???

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