Si vous souhaitez vous attaquer à un gros morceau de littérature, et en même temps rafraîchir vos souvenirs sur la Première Guerre Mondiale, prévoyez quelques semaines pour lire “La Chute des Géants” de Ken Follett! Mille pages d’Histoire et d’histoires en guise de premier volume pour retracer le XXème siècle… Oui, c’est long, je le concède, je m’en suis moi-même plaint un peu à mon entourage… mais par contre quel voyage dans le temps et dans l’espace!

L’auteur choisit de nous présenter cette Première Guerre en contexte. Le roman ouvre sur le monde minier d’une petite ville du Pays de Galle, où on fait connaissance avec Billy Williams, jeune mineur, et sa soeur Ethel, gouvernante chez le comte Fitzherbert. Ils forment le noyau central, et par leurs connaissances, ils nous permettent de rencontrer Walter, allemand, et Gus, américain. En parallèle on suit l’histoire de Grigori et de son frère Lev en Russie.

Ces personnages évoluent de près ou de loin dans le milieu politique de leurs pays respectifs, et jusqu’au début de la guerre, les discussions entre pays se font entre deux portes par leurs discrets représentants. Ainsi Walter et Fitzherbert, ainsi que Gus, travaillent dans l’ombre comme diplomates, espions ou conseillers de ceux qui sont au pouvoir.

Il est intéressant de voir comment sont traitées les scènes de prise de décision politique. Tantôt le lecteur se trouve au coeur de l’action dans le Bureau Ovale ou au premier rang lors de la Révolution russe, là ou le pouvoir est entre les mains du peuple, tantôt il est tenu loin à l’écart des centres décisionnaires des monarchies britannique ou allemande. La prise de position du narrateur est très réfléchie, et l’alternance entre les histoires de chaque pays est nécessaire pour comprendre la complexité des intérêts de chacun, ainsi que de leurs fonctionnements internes.

La guerre des tranchées est elle aussi au coeur du roman. Le courage des soldats est mis à l’honneur, mais on sent néanmoins la conviction profonde de chaque homme ou femme de ne plus jamais vouloir revivre cela dans l’avenir, et chacun essaie d’oeuvrer pour améliorer le monde dans lequel il vit.

Au fil des chapitres, la grande Histoire se mêle aux liaisons amoureuses ou amicales entre les protagonistes. Les stratégies militaires prennent parfois quelques longueurs, mais le rythme régulier des chapitres et les changements de personnages ou de pays permettent de ne pas trop s’essouffler.

Je me demande encore si je vais me plonger bientôt dans le 2ème volume de la trilogie, qui se concentre sur la 2ème Guerre Mondiale… mais je crois que j’ai eu mon quota de sérieux et de longueur pour un moment!

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