Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas une bonne prof d’anglais. Franchement ! Car comment est-ce possible de trouver dans un texte autant de références à des auteurs britanniques publiés entre le 16ème et le 19ème siècle, sans en connaître plus de 10 %??

Bon, oui, Shakespeare et Jane Austen, ça, c’est dans mes cordes ! Mais dans ce roman épistolaire « autobiographique », la protagoniste, Helen Hanff (l’auteur donc) passe très régulièrement commande par courrier à une petite librairie anglaise basée au 84, Charing Cross Road à Londres. Une relation amicale s’installe au fil des lettres et au fur et à mesure que la libraire parvient à remplir les étagères de la new-yorkaise, qui tente de compenser un manque d’études par une lecture autodidacte des grands classiques britanniques.

Sa personnalité peut d’abord perturber. Face à un libraire anglais suivant parfaitement l’étiquette et toujours très professionnel, on trouve une américaine extravertie à l’écriture parfois très oralisée et à l’humour un peu agressif. Est-ce mon côté susceptible qui me le fait dire ? Ainsi on peut interpréter les lettres très formelles de son correspondant comme un refus de rentrer dans ce jeu d’échanges très personnels… et finalement on en vient à se dire que toutes les lettres ne sont probablement pas imprimées dans ce livre, et que l’échange amical se développe doucement en parallèle.

Toutes les références littéraires peuvent donner envie d’élargir les horizons littéraires, mais on se demande si un tel étalage de connaissances, publié en recueil, n’a pas l’effet inverse, vu de l’extérieur… Mais si on est gêné, on se raccroche à la deuxième histoire, celle dans laquelle les personnages se dévoilent par petites touches décousues. Ainsi Helen Hanff montre une réelle générosité lorsqu’elle envoie de nombreux colis alimentaires à l’équipe de la librairie alors que l’Angleterre peine à se relever de la Seconde Guerre Mondiale et des rationnements qui ont duré jusqu’au début des années 50.

La correspondance a duré pendant une dizaine d’années, et pose régulièrement la question d’une possible rencontre entre l’américaine et les anglais. Réponse à la fin du roman dans le postface… ! Quant à moi je vous laisse, je vais m’acheter une culture littéraire…

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