Oh le joli film avec un joli titre ! « Cerise », c’est le nom de notre protagoniste de 14 ans haute en couleurs avec ses cheveux roses vifs et ses tenues plutôt visibles qui, dès la première scène, se retrouve au commissariat pour un énième vol à l’étalage. Sa mère n’en peut plus : comment gérer cette gamine insolente qui n’en fait qu’à sa tête ? Eh bien, elle va l’envoyer chez son père en… en Ukraine.

A la sortie de l’avion à Kiev, la jeune fille qui fait bien plus que son âge attire les regards, et son père, ne l’ayant pas vue depuis des années, ne la reconnaît pas. Faire connaissance avec lui et apprendre à l’aimer va lui demander bien des efforts, d’autant plus que ce dernier, avec sa vie dissolue, ne va pas lui faciliter la tâche. Le quotidien de Cerise va se résumer à aller au collège français, essayer de communiquer avec la petite grand-mère qui habite en face, Nina, et dont le sourire généreux ne peut qu’attirer ses bonnes grâces… et rêver sur le beau chanteur à minettes qui nous rappelle que sous ses airs de « pétasse » affirmée, il y a bien une ado romantique qui se cache.

Sur fond de trips imaginaires de la jeune fille, d’actualité politique assez récente avec le soulèvement du peuple ukrainien contre le gouvernement, ou bien de vieilles idolâtries communistes, l’histoire de Cerise ressemble à un parcours initiatique pour lui permettre de passer à l’âge adulte. De belles rencontres, un choc des cultures certain et une pincée d’amour feront passer un moment très agréable au spectateur. La jeune actrice interprétant Cerise attire tour à tour l’agacement, le sourire ou l’amitié ; mais une chose est sûre, c’est qu’elle possède le même charme que sa tante Isabelle Adjani. La fin arrive trop vite, et même si elle est cousue de fil blanc, on apprécie le ton léger et plein de bonnes ondes qui nous suivront pendant quelques heures quand on aura repris notre vie.