Je n’ai pas encore lu « Gatsby le Magnifique » (honte sur moi!) mais pour me familiariser avec le style de Francis Scott Fitzgerald, une nouvelle à lire dans le train entre deux romans me paraît idéale. Contre toute attente le style n’est pas guindé, et on trouve facilement sa place auprès de la belle jeune femme qu’est Evelyn. Récemment mariée, elle a déçu de nombreux prétendants, et l’un d’entre eux a choisi de lui offrir en cadeau une coupe en cristal taillé, amèrement décrit comme étant « aussi beau, aussi vide, aussi transparent » qu’elle le serait désormais pour lui.

La coupe trouve sa place au milieu du salon et fait rapidement partie des meubles. La vie suit son cours pendant quelques années, et la vie rêvée d’Evelyn n’est plus si simple : son mari boit beaucoup trop, elle prend quelques rides et quelques kilos, et sa fille attrape une infection à la main après s’être entaillé le doigt à la coupe. Que peut-il arriver de plus pour déséquilibrer davantage la famille ?

Cette nouvelle prend une forme prophétique et fantastique sur le sens de cette coupe et son influence sur la vie de la famille, allant à l’encontre du réalisme qui en transpire au premier abord. Le jeu des focalisations lui donne aussi corps et profondeur. De plus, la société américaine du début du 20ème siècle prend corps à travers les thèmes du travail, de l’alcool, de la folle jeunesse et l’amour éconduit, des soirées semi-mondaines et du chef de famille déchu, ce qui confirme la densité de cette nouvelle d’une petite cinquantaine de pages. Révélateur du monde de Fitzgerald ?

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