Je continue mes découvertes des nouvelles de F. Scott Fitzgerald, elles se suivent mais ne se ressemblent pas ! La sorcière rousse ressemble beaucoup à un conte grâce à son style poétique, sa symbolique et de nombreuses ellipses, permettant une vue générale de la vie de Merlin, jeune employé de la libraire new-yorkaise « La Plume de Lune ».

Le jeune homme, célibataire, passe beaucoup de temps à la fenêtre de chez lui, quelque peu hypnotisé par la beauté de la jeune femme rousse qui habite en face de chez lui, qu’il a baptisée Caroline. Un jour, elle lui rend visite à la librairie, et leur dialogue donne l’impression qu’ils se connaissent depuis toujours et partagent beaucoup de choses, dont l’envie (métaphorique?) de jouer avec les livres et les lancer dans chaque coin du magasin… ce qu’ils font avec grande joie sans réaction aucune des autres employés ! Passé ce moment la jeune femme repart, et Merlin reprend le cours de sa vie, sans jamais la revoir à la fenêtre en face de chez lui.

Il recroisera la jolie rousse bien plus tard, alors qu’il se fiance avec Ms Masters, sa collègue, puis en se promenant dans les rues new-yorkaises quelques années après avec sa femme et son fils. A chaque fois qu’il la voit, il est subjugué comme de nombreux hommes par la jeune femme, même si sa beauté s’estompe avec le temps, car son pouvoir sur eux n’a pas de limite. A-t-il été envoûté ? Sa femme, cependant, déteste sa « rivale » et est choquée par l’onde de choc qu’elle propage autour d’elle parmi la gente masculine.

Merlin peut-il se désenvoûter de Caroline ? Et comment se fait-il qu’elle ait un tel pouvoir sur les hommes ? A-t-elle passé un pacte avec le diable ? A travers le ton ou les actions des personnages, parfois décalés, on entre dans un monde fantaisiste, n’allant pas sans faire penser à « L’écume des jours » de Boris Vian sur la scène des livres jetés, et pourtant on est bien ancré dans la société américaine quand les personnages peuvent déplorer la Prohibition et essayer de contourner ses règles en choisissant avec soin le restaurant où ils pourront boire un peu de vin. Le choix du nom du personnage principal Merlin et de son fils Arthur étaye ce flou entre réalisme et fiction fantaisiste, ce qui pourra à la foi réjouir ou décevoir les afficionados de F. Scott Fitzgerald… tout comme la fin.

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