Je découvre enfin la poésie du cinéma chinois, en me plongeant dans la Chine des années 80 reconstituée dans ce film sorti en 2006.

Li Min est une jeune femme au sang métissé avec l’Occident, ayant grandi dans un orphelinat. Elle décroche un stage chez un botaniste et part se former chez lui. Dès son arrivée, elle se rend compte combien le botaniste est désagréable, et envisage de quitter les lieux. Mais la fille de celui-ci, An, la persuade de rester, et le sentiment qui les unit devient très fort. L’amitié évidente entre elles se transforme en attirance amoureuse, et les deux jeunes femmes trouvent un moyen pour que Li Min reste malgré la fin de son stage, afin qu’elles puissent continuer à vivre leur idylle.

Le filtre orangé posé sur l’image donne un côté assez féerique à l’histoire, et tamise un peu les bruits. On a l’impression que l’image et le son ne proposent que le strict minimum, ce qui sert les acteurs / personnages car ils sont montrés comme des êtres pensant et ressentant. La grandeur de la nature et des paysages est aussi représentée, mais dans le brouillard, comme s’il fallait dissimuler l’histoire des deux jeunes femmes dans un pays où l’homosexualité est puni par la mort et où les droits de l’homme ne sont toujours pas appliqués.

C’est un très beau film à voir si vous aimez les grandes romances : celle-ci vous fera rêver car elle est peu commune, et portée par deux actrices à la fois pudiques et habitées dans leur jeu. N’oublions pas non plus le plaisir de s’ouvrir à la langue chinoise avec la VO sous-titrée en français, imprégnant encore plus le spectateur de cette culture lointaine.

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