Attention, ce livre est rentré dans mon Top 10 !

Un peu de lecture en anglais pour maintenir le niveau, et une histoire extrêmement bien menée du début à la fin ! Cette fille du train, c’est Rachel. Elle passe tous les jours en métro aérien au fond du jardin d’un couple qu’elle observe vivre matin et soir, et elle imagine quelle vie ils peuvent mener. Bien sûr, ils la font rêver sans le savoir, elle qui a récemment vécu un divorce douloureux, et qui habitait trois maisons plus loin dans la même rue que ce couple… A présent elle détourne le regard pour ne plus voir son ancien logement, et elle rêve à la vie de ces jeunes amoureux.

Un beau jour, elle apprend dans les journaux que la jeune femme qu’elle voyait quotidiennement a disparu. Cela a peut-être quelque chose à voir avec l’homme qu’elle l’a vue embrasser dans le jardin la veille, qui n’était pas son mari ? Rachel décide donc d’aller voir la police et leur raconter ce qu’elle sait (ou pense savoir)… Difficile d’être un témoin crédible quand on est alcoolique et qu’on a régulièrement des trous de mémoire sur ce qui a pu se passer la veille…

Les flash-back réguliers impriment un rythme rapide à ce début d’histoire plutôt basé sur l’observation de Rachel, et lui donne très rapidement de la texture, de la profondeur. De plus, le format, avec des entrées quotidiennes divisées entre matin et soir, font penser à un journal intime, ou à défaut à ces moments dans la journée où on prend le temps de faire le point sur les événements des dernières heures. On trouve d’ailleurs encore plus d’intérêt lorsque la jeune femme observée par Rachel, Megan, trouve elle-aussi sa place en focalisation interne dans le récit, permettant un regard croisé entre suppositions, imaginaire et réalité. Ainsi, comment Megan a-t-elle pu disparaître ? Que s’est-il passé ? Et comment Rachel va-t-elle parvenir à rentrer dans la vie de son conjoint pour tenter de se rendre utile dans cette affaire ?

La fin du récit et son ton pudique permettent de comprendre ce qui a pu se passer sans vraiment mettre les mots dessus, au même titre qu’il est difficile de mettre en mot des expériences traumatisantes. De plus, le format « journal intime » trouve naturellement écho avec le regard de la fille du train, car le lecteur expérimente une certaine forme de voyeurisme en lisant ces lignes. Ainsi, on en vient à penser faire partie de l’histoire et être au centre en voyant chaque scène en plan serré. L’histoire et la mise en forme sont maîtrisées parfaitement, et créent un petit bijou littéraire. Hâte de voir si le film est à la hauteur !