C’est la première fois que je lis une autobiographie contemporaine. Dans quel état d’esprit aborder le ton de l’auteure, très décrié à la sortie du livre, et replacer les anecdotes dans un contexte objectif, historique et politique ? J’avais suivi la fameuse polémique du tweet de Valérie Trierweiler à l’époque où elle avait préféré soutenir le candidat rival de Ségolène Royal, mais quelles ont été ses motivations réelles ?

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Rencontrée au festival littéraire de La Forêt des Livres en 2017, Valérie Trierweiler paraissait bien solitaire à son stand, comme si les visiteurs lui tenaient toujours rigueur des déboires de François Hollande lors de son mandat présidentiel. Sous ses abords froids et distants, j’ai pourtant vu une femme agréable et prête à répondre aux questions que nous lui posions, et étonnamment j’ai eu la même impression en lisant son récit. Tout d’abord très froide, distante avec ses propres émotions et pendant toute la description de la fin de son histoire avec François, elle s’adoucit ensuite doucement en abordant son enfance à Angers et les quelques années pendant lesquelles elle est tombée amoureuse de lui. Comment leur couple a-t-il pu en arriver à se déchirer ainsi, alors qu’ils avaient quittés mari et femme pour être ensemble ?

François Hollande a toujours été vu comme un homme sympathique et extrêmement intelligent, toujours prêt à un trait d’esprit, ce qui l’a pleinement séduite. Cependant, ses côtés sombre, froid, calculateur prennent de plus en plus d’espace une fois qu’il est élu Président, et le pouvoir entache ainsi leur relation. Valérie est tenue à l’écart des décisions prises par l’Elysée, elle apprend même par communiqué de grandes décisions prises par le gouvernement, et pire encore, constate que François peut tenir un discours avec elle et appliquer son contraire très vite…

Est-ce donc la vision d’une femme trompée et aigrie qui dévoile le côté sombre de son amour qui l’a trompée, ou une approche assez objective, dépeignant ainsi l’autre côté du pouvoir, celui qui change un homme ? Malheureusement, elle se place trop souvent en victime malgré toute sa bonne volonté pour améliorer les choses (encore une fois, réalité ou filtre de l’auteure?). Difficile donc de se positionner dans un « j’aime / je n’aime pas » face à ce texte. Valérie Trierweiler se montre trop sous son meilleur jour et accable l’Elysée et François le manipulateur, mais on lui attribuera le mérite d’avoir tenté de trouver un moyen de s’en sortir à travers l’écriture, et d’en devenir touchante et plus humaine.

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