Énorme coup de cœur avec cette comédie musicale pas comme les autres : elle a été bâtie autour des paroles des chansons des Beatles de manière à créer une histoire qui tienne debout sans dénaturer le message du groupe mythique.

En effet, l’amour, tant chanté par les Beatles, est un thème central : Jude, voué à une vie d’ouvrier à Liverpool, décide de partir comme marin. Il n’annonce pas à sa mère le but réel de son voyage : retrouver son père, qui avait brièvement rencontré sa mère alors qu’il était en Europe pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Cependant, très vite la rencontre passe au second plan car Jude croise Max avec qui il sympathise et décide de le suivre à New York. Lucy, la sœur de Max, les rejoint et tombe amoureuse de Jude, malgré la mort récente de son copain parti faire la guerre au Vietnam. Justement, Max est convoqué par l’armée afin de passer les tests pour être envoyé lui aussi en Asie. L’opinion publique est en train de changer en Amérique, et des mouvements de protestation s’organisent, avec Jude qui dénonce cet investissement dans une guerre sans but réel à travers ses créations artistiques, ou bien Lucy, bien trop proche d’un des leaders du groupe anti-guerre. Leur amour peut-il triompher de ce mal-être ambiant ?

On l’aura compris, au même titre que la comédie musicale Hair, la contre-culture américaine trouve toute sa place dans ce film, à travers les manifestations pacifiques mais aussi à travers le mouvement hippie, représenté par la chanson « I am the Walrus » et chantée par Bono de U2, incarnant une sorte de gourou de la pensée philosophique droguée et alcoolisée, et un peu camouflé par des filtres psychédéliques sur l’image. De plus, des clins d’œil à Jimi Hendrix, Martin Luther King ou au bus multicolore du groupe des Merry Pranksters (parallèle avec celui des Beatles) font de ce film une référence culturelle des années 60, même s’il est sorti en 2007. Les critiques sont loin d’être unanimes car quelques petites maladresses sont palpables, mais je crois pourtant qu’on tient là une comédie musicale qui aurait du marquer son temps, à la fois moderne, symbolique et pleine de couleurs… finalement, ce qui gêne, c’est qu’elle est peut-être trop similaire à Hair ?

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