Les histoires de prof qui ont besoin de se mettre au vert, je connais, ayant été définitivement mutée près des Châteaux de la Loire après mon cauchemar picard ! Et on dirait que le rêve de nombreux profs n’est pas le Canada, destination rêvée de la majorité des français, mais plutôt… l’Auvergne ! Notre protagoniste, institutrice, a vite fuit sa Picardie natale (on peut comprendre… ;-p ) pour aller vivre à Paris. Son premier poste, près de Montmartre, lui a permis de faire ses armes auprès d’élèves de toutes origines, mais après quelques années elle s’est mise à rêver de l’Auvergne et du calme qui y règne.

Elle pose ainsi ses valises près d’Issoire et commence des remplacements dans les écoles qui ont besoin d’elle. Les élèves de la campagne lui plaisent, les paysages aussi, et au fur et à mesure qu’elle peuple son jardin d’animaux en tout genre, elle rencontre des auvergnats d’origine ou de cœur avec qui elle se sent être elle-même. Petit à petit, elle sent une appartenance à la région se développer, mais cela sera-t-il suffisant pour qu’elle y reste définitivement ?

Le texte est touchant tout en étant très pudique. L’institutrice s’efface doucement au profit de la jeune femme, qui se permet de vivre davantage sa vie personnelle en s’éloignant de Paris et d’un amour douloureux. Entre rencontres et visites, le panorama est varié, mais on pourra déplorer l’impression que les passages descriptifs de la vie des gens qui l’entourent ou des sites qu’elle visite sont un peu ennuyeux, tranchant trop avec le ton assez léger, parfois humoristique, que la narratrice emploie. La ville d’Issoire, par exemple, est trop présentée de manière encyclopédique à mes yeux, approche qui manque donc de personnalité et qui n’est pas assez délayée dans le récit.

Cependant, on appréciera ce ton légèrement décalé de la narratrice ainsi que les bons sentiments entourant les personnages. Sa renaissance une fois au vert fera probablement envie à bon nombre d’entre vous, mais après tout… il faut oser aller voir ailleurs !

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