J’aime de plus en plus lire des auteurs de ma région, et je découvre avec ce texte les mots poétiques d’un homme venu donner son nom à mon ancienne école primaire à Fressines (79) il y a quelques années. Ce vieux monsieur, natif du village, m’avait déjà touchée par la manière dont il s’exprimait, ses phrases étaient douces, son regard franc et rieur, et son humour bien présent… tout concordait pour confirmer qu’il faisait bien partie de l’Académie Française.

J’ai retrouvé avec grand plaisir un ton extrêmement travaillé et pourtant si proche du vrai, du simple : le narrateur, Jacques, parle de ses vieux souvenirs d’enfance. Ainsi, les feux de la Saint-Jean ou le passage de la roulotte d’un équilibriste sont décrits à travers les yeux de l’enfant. La magie est présente partout, dans la beauté du feu s’élevant vers le ciel ou dans les tours de passe-passe de l’homme à la roulotte, et l’émerveillement gagne le narrateur ainsi que le lecteur grâce au langage métaphorique et poétique utilisé. A aucun moment la nostalgie du passé n’est subie ; au contraire, elle est utilisée pour rouvrir nos yeux d’adulte sur les beautés du monde qui nous entoure ! De plus, le rapport à l’autre avec sa confiance, sa générosité et sa gentillesse, contrastant avec les échanges durs et brusques de la société moderne, redonnent confiance en la bonté humaine.
Avec (malgré?) un vocabulaire très (trop?) riche parfois difficile à comprendre, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour dire que ce dernier récit de Pierre Moinot est très proche de la plume de Pagnol ! On sent les foins fraîchement coupés, on se promène sur les canaux du marais poitevin et on apprend son histoire à travers les mots d’un ancien instituteur… il ne manquerait plus que la lavande et l’accent du sud ! Un Pagnol poitevin alors… ?

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