Difficile à croire que l’on peut réunir dans la même phrase les mots « Jean-Marie Bigard », « Molière », « hip-hop » et « Lully », et pourtant ! Et pourtant ! L’adaptation du Bourgeois Gentilhomme par Alain Sachs, qui date d’il y a quelques années, réserve bien des surprises !

Pour la petite histoire, M. Jourdain est le personnage principal, interprété par Jean-Marie Bigard. C’est un homme dont le rêve est d’être né comte, et il tente d’agir comme tout homme de bonne manière. Bien sûr, mal conseillé par des gens qui n’en veulent qu’à son argent, il ne se rend pas compte qu’on se moque de lui. Sa femme est la voix de la raison et tente de lui ouvrir les yeux sur son entourage intéressé, mais il est butté et ne l’écoute pas.

Sa fille est aussi un grand souci pour lui. Il lui faut la marier, mais pas au premier prétendant sans titre ! Le garçon qu’elle aime invente donc une supercherie pour pouvoir l’épouser. Avec ses camarades, ils se déguisent pour mieux tromper M. Jourdain…

La mise en scène est riche en couleur à travers les tenues souvent flashy de la douzaine d’acteurs, mais aussi grâce à l’adaptation des compositions du musicien contemporain à Molière, Lully, dont les rythmes sont revus à la mode hip-hop. Les chorégraphies sont elles aussi un savant mélange de mouvements des danses de l’époque de Louis XIV et de hip-hop, le tout donnant une réelle modernité aux textes de Molière, inchangés. Ceux-ci sont d’ailleurs source de beaucoup d’humour, tant dans les jeux de mots initiaux que dans le décalage d’interprétation des mêmes mots entre le vieux français et le français moderne, notamment à travers les mimiques de Bigard.

Le casting est plaisant, la mise en scène de 2006 n’a pas vieilli, la langue de Molière est un vrai plaisir pour les oreilles, et le rythme déchaîné ne laissera pas une minute de répit au spectateur qui se prendra au jeu. A voir si vous souhaitez vous replonger dans les grands classiques !

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