Oh, le doux plaisir de relire « Orgueil et préjugés » dix ans après m’avoir permis de décrocher le concours, pour préparer mes propres élèves à leur oral de bac de Littérature Etrangère ! La boucle est bouclée, et le texte, toujours décoré de mes remarques de l’époque au crayon de papier, n’a pas pris une ride (contrairement à moi…) !

L’histoire se focalise sur la famille Bennet, vivant à la campagne dans un manoir voué à être légué à un lointain cousin à la disparition de Mr Bennet, ce qui laisserait ses 5 filles et sa femme presque sans le sou… ainsi, le plus grand souhait de Mrs Bennet est de marier ses filles à des hommes respectables et bien installés, riches si possible, pour assurer un bel avenir à toute la famille ! Branle-bas de combat donc, lorsqu’un beau parti vient s’installer dans le voisinage, afin de faire sa connaissance dans les plus brefs délais et lui permettre de tomber amoureux d’une des filles Bennet plutôt qu’avec une des filles des autres voisins !

Chacune des demoiselles Bennet présente un caractère particulier: entre Jane la douce et Elizabeth l’impétueuse, Mary la studieuse et Kitty et Lydia, les deux dernières, légères et rêvant de romances à tout va, Mr Bennet a de quoi perdre son latin… Mrs Bennet est, quant à elle, une copie plus âgée de sa plus jeune fille, extrême dans chacune de ses réactions et totalement volatile. On pourrait s’attendre à ce que le père mette de l’ordre dans tout cela, mais il reste cloîtré au calme dans sa bibliothèque et tente d’éviter toute prise de décision sérieuse et responsable.

Bien sûr, Jane, Elizabeth ou Lydia évoluent avec les jeunes hommes de leur entourage, et cela ne se passe pas forcément dans le respect de l’étiquette, mais ce microcosme est présenté avec un ton doux comme un bonbon et dévoile un rythme ponctué de bals romantiques (ou non), de rencontres agréables (ou non) et d’histoires d’amour (ou non), autour de personnages parfois extrêmement stéréotypés et humoristiques à leur insu ! Une fin heureuse est finalement proposée pour notre plus grand bonheur, et le monde de Jane Austen se referme en donnant encore plus envie de le rouvrir très vite, pour revivre l’atmosphère de ce début de 19ème siècle, entouré de crinoline, de gentlemen et bercé par une langue poétique. Un incontournable pour les romantiques !