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Une rencontre avec l’auteur lors du festival des « Ecrivains chez Gonzague » en août aura suffi pour me donner envie de lire « La fin des idoles », titre éveillant de nombreuses questions. A une époque où l’on ne sait plus faire autrement que tout (sur)médiatiser et polémiquer sur chaque mot que l’on peut prononcer, le culte de la personnalité médiatique est plus que présent…

Peut-on sortir de ce système qui en devient ridicule à force de se mordre la queue, critiquant tout pour le buzz et mettant en scène des personnalités se sentant vivantes uniquement en faisant parler d’eux ? Eric Zemmour, l’exemple le plus frappant de ces dernières semaines, devrait en prendre de la graine et réfléchir à une des thérapies proposées dans ce roman : une neuroscientifique fraîchement sortie d’une université américaine, Lyne, décide de tester une méthode radicale afin de soigner de leurs désirs les personnes en quête de célébrité pour mieux vivre leur vie. Quel meilleur sujet que Paloma, sortie d’une émission de télé-réalité (rappelant les déboires de Loana après Secret Story) et souffrant de nombreux troubles psychologiques, afin de prouver que sa thérapie fonctionne bien mieux que la vieille technique de psychanalyse du grand ponte Gerhard Lebenstrie ?

La technique de Lyne s’affine et devient extrêmement populaire, relayée par la chaîne V19 et montrant des résultats très positifs sur la gestion des pulsions ainsi que sur l’optimisation des possibilités du cerveau. Néanmoins, dans un reflet évident de la société actuelle, les polémiques font rage, accompagnées de tentatives d’intimidation de la part des camps de Lyne et Lebenstrie… Polémiques pour faire parler de soi dans une démarche de survie médiatique ou croyance réelle en la réussite de sa propre technique ? Politique, santé publique et egos personnels en viennent à se mêler dangereusement et montrent toute la difficulté à trouver sa place en justifiant ses démarches… ainsi chaque personnage aurait bien besoin de se pencher sur les vraies raisons qui le poussent à agir ainsi, et donc à appliquer sur lui la technique de l’autre pour mieux se comprendre lui-même.

Pas toujours évident de suivre les idées de ce roman, car philosophie et psychiatrie sont mises en avant avec leur vocabulaire propre, ce qui demande au lecteur d’être bien concentré… mais il pourra malgré cela se poser mille questions sur ce qui le pousse à agir dans sa vie et son propre besoin de reconnaissance. De plus, les manipulations diverses entre les chaînes de télévision autour de la médiatisation de ces recherches psy se mêlent au problème de surmédiatisation et on peut parfois s’y perdre. Cependant, il est clair que l’on ne sort pas indemne de cette lecture : pris entre auto-psychanalyse et (re)découverte du monde sans pitié de la manipulation des masses, on ne peut que reconnaître un certain talent à l’auteur de ce premier roman, renseigné, complexe, abouti, et délicieusement cruel sur notre société actuelle. A quand le changement ?

Plus d’infos sur http://lafindesidoles.com/ !

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Nicolas Gaudemet et moi!
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