Après avoir eu le plaisir de relire il y a quelques semaines « Orgueil et Préjugés », je tombe sur la version non édulcorée (surtout délicieusement trash !) d’ « Orgueil et préjugés et zombies » ! Jane Austen se retournerait dans sa tombe… non ?

Quoi qu’il en soit, on a le plaisir de retrouver exactement le même squelette de l’histoire : toutes les scènes sont réutilisées dans un même chapitrage quasiment au mot près, et Seth Grahame-Smith y a inclus quelques références à une Angleterre de science-fiction sur laquelle un fléau s’est abattu : les portes de l’Enfer ont été fermées, et les morts restent parmi les vivants pour leur manger le cerveau ! Ainsi chaque déplacement entre Longbourn, Netherfield ou Londres sont autant de risques pour les personnages de se faire attaquer !

Fort heureusement, dans cette version, même si Mr Bennet n’a toujours pas pensé à assurer un domaine ou à faire des économies pour ses filles, il a su les transformer en guerrières en les envoyant suivre un entraînement chez les moines Shaolin (rien que ça!) en Chine ! Elles sont donc au service de la Couronne pour débarrasser le Hertfordshire des zombies y sévissant…

Bien sûr tout cela jure un peu avec le romantisme pur de la version d’origine, et pourtant les aînées vivent les histoires qu’on leur connaît avec Bingley et Darcy avec autant de naïveté et de préjugés… Mrs Bennet est aussi exactement la même, agaçante par ses humeurs extrêmes et son envie de marier ses filles à n’importe quel prix ! Mais quelques changements opèrent sur certains personnages secondaires, tués par des zombies ou contaminés et condamnés à devenir eux-même des morts-vivants…

Tout ce mélange crée surtout beaucoup d’humour dans le sens où on sort de l’histoire bien policée de Jane Austen pour créer quelque chose de gore et romantique à la fois. On n’oubliera pas les scènes de combat de Lizzy qui font référence à « Buffy » aussi bien qu’à « Kill Bill », et une ambiance générale à la « Walking Dead », surtout quand la ville de Londres est assaillie par delà ses murailles, par des hordes de méchants zombies. Sans second degré, même si au fond de vous, vous savez que l’oeuvre mythique de Jane Austen ne méritait pas ça, il sera difficile d’apprécier ce moment de dérision à sa juste valeur… mais pourquoi ne pas tenter quand même ?

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