Ariane Ascaride en prof d’histoire-géo, on y croirait ! Avec son personnage à grosses lunettes rondes, la coupe au carré, et surtout sa patience sans faille face à des élèves survoltés de Seconde dans un lycée de Créteil, on a envie de lui dire bravo ! Encore plus lorsqu’elle décide de présenter sa classe au Concours National de la Résistance, alors que même le proviseur n’y croit pas, et les élèves eux-mêmes non plus…

Vive la bienveillance de l’enseignant alors, qui fait ressortir le meilleur de chacun : semaine après semaine, on oublie les tensions et la violence prête à éclater entre les élèves, et on constate le rapprochement des élèves, allant même au-delà des appartenances ethniques et religieuses. Rien n’est pour autant facile, et toute la pédagogie des enseignants est là pour arrondir les angles dès que la situation pourrait déraper… Cependant les élèves comprennent petit à petit le monde dur dans lequel ils vivent à travers leurs recherches sur les enfants et adolescents victimes de l’holocauste et parviennent à en tirer des leçons dans leur vie personnelle, gagnant en maturité et autonomie. On appréciera aussi autant que les élèves l’intervention de Léon Zyguel dans son propre rôle, ancien déporté à Auschwitz, venu témoigner de manière très touchante sur son expérience personnelle aux mains des nazis.

Ce film se place dans la lignée du fameux « Entre les murs » de Laurent Cantet, montrant le quotidien difficile d’un enseignant en Zone d’Éducation Prioritaire mais parvenant doucement à gagner la confiance et le respect de ses élèves. Les difficultés scolaires s’ajoutent à un environnement familial souvent loin d’être facile, et les difficultés de l’administration scolaire se révèlent lorsque la laïcité est challengée, créant aussi des tensions au sein des établissements.

Comme dans de nombreuses histoires du type « Enseigner en banlieue », la fin est quasiment cousue de fil blanc, avec un professeur « héro » qui réussit des miracles là où on ne l’attend pas et des élèves qui deviendraient presque doux comme des agneaux… trop simple sans doute, mais ça fait du bien à l’âme de voir que certains profs continuent à s’accrocher, une année après l’autre, pour faire ressortir le meilleur de chaque élève, et ce malgré les réticences de ces derniers ! Qui a dit qu’être enseignant, c’était un travail de fainéant ?